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Aménagement

Air, transport, énergie : ce que pourrait changer le Grand Paris

le 22/01/2016

Le premier conseil métropolitain s'est réuni le 22 janvier. L'environnement a tout à y gagner à travers les compétences qu'assumera progressivement la métropole sur l'énergie, la qualité de l'air, l'efficacité énergétique des bâtiments, la gestion des ouvrages hydrauliques ou la logistique. Mais ne rêvons pas, dépasser les diversités idéologiques et territoriales prendra du temps.

Air, transport, énergie : ce que pourrait changer le Grand Paris

Le premier conseil de la Métropole du Grand Paris (MGP) s'est tenu le 22 janvier. Son président Patrick Ollier, député-maire de Rueil-Malmaison, y a souligné que le Grand Paris, « c'est un collectif de 131 maires qui a réussi à dépasser les clivages pour travailler au service de ses 7 millions d'habitants. Et promis, il rayonnera autant que le Grand Londres. L'aventure démarre ! ».

Douze territoires d'un seul tenant et sans enclave

Ce conseil réunit 209 membres issus des communes de la métropole : celles de Paris, des trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Seine-Saint-Denis, Val-de-Marne) et plusieurs communes de la grande. Soit 131 villes réparties sur douze « territoires », répartis de T1 (Paris) à T12 (Val de Bièvre-Seine amont-Grand Orly). Sa construction s'est faite au fil de coups tordus et compromis politiques. Jusqu'à son avènement le 1er janvier. Un scénario qui n'a rien à envier aux meilleures sagas politiques. Ou à la série à succès Games of Thrones, c'est selon. Parlons des trônes. Les spécialistes les appellent intercommunalités. L'homme de la rue, lui, y voit des ententes entre maires. « Avant le Grand Paris, elles étaient politiques, pas toujours rationnelles. Dix-neuf intercommunalités coexistaient, plus une quarantaine de communes ne voulant pas y entrer. La métropole remet de l'ordre en forçant les regroupements », éclaire le député des Hauts-de-Seine et membre du conseil Alexis Bachelay. Conséquence pratique : des villes qui auparavant se tournaient le dos devront s'entendre avant de voter des équipements. Et n'auront à terme plus la main sur leur PLU, qui devra être élaboré entre voisins.

Des chantiers immédiats

Pas de panique : ces transferts de compétences débutent mollement. « Chantier immédiat : les plans climat air énergie que la métropole et les territoires doivent adopter », prévient Nicolas Rolland, chargé de mission à la mission de préfiguration du Grand Paris. Le plan climat ne sera plus communal. La montée en puissance se fera en 2017, avec la reprise par la métropole de compétences de planification, de logement, d'aménagement. Elle devra notamment élaborer le schéma de cohérence territoriale (Scot). Et plancher sur la valorisation du patrimoine naturel et paysager. En 2018, second transfert : la MGP se verra confier les rênes de la gestion des ouvrages hydrauliques, de la maîtrise de l'urbanisation dans les zones exposées aux inondations, de la gestion intégrée des cours d'eau et la sensibilisation des élus et de la population. Un gros morceau. D'ici là, elle peut endosser d'autres responsabilités et mener des actions dans le domaine de l'efficacité énergétique des bâtiments et de la maîtrise de la demande en énergie.

« Veillons à ne pas réinventer l'eau chaude. Pas besoin de matière grise en plus, il faut juste la faire mieux travailler. Par exemple en créant un réseau de conseil en énergie à l'échelon métropolitain. C'est réalisable en s'appuyant sur les agences locales de l'énergie et du climat (Alec) existantes », estime Daniel Guiraud, maire des Lilas et vice-président du syndicat mixte d'études Paris Métropole. Les dispositifs d'aide à l'isolation thermique gagneraient aussi à être harmonisés.

Energie, air et logistique

La qualité de l'air semble aussi pertinente à traiter à l'échelon métropolitain. Tout comme la logistique. Reléguée hors des villes, elle cherche à se réinstaller en zone dense, à éviter une dispersion qui n'est pas sans impact environnemental. Or le bon niveau pour agir sera la métropole car sans cohérence entre communes, rien n'avance. Un plan métropolitain de la logistique durable est donc en vue. Autre domaine miné par le manque de recul, les réseaux d'énergie. Sans cohérence d'ensemble, difficile d’évaluer leur potentiel de densification, d’extension, d’interconnexion. Un schéma directeur des réseaux de distribution d’électricité, de gaz, de chaleur et de froid est prévu. Pourtant râleuse, l'association de collectivités et d'entreprises Amorce applaudit des deux mains cet exercice métropolitain de mise en cohérence.

Quid des établissements existants ?

De petits syndicats de gestion de déchets ménagers risquent d'être impactés par cet exercice de rationalisation. Chez d'autres opérateurs comme le Syndicat des eaux d’Île-de-France (Sedif), des tracasseries administratives sont en vue. Enfin, Airparif et Bruitparif sont aussi dans le viseur. La MGP y adhérera certainement et voudra les consolider. « Fragilisé par une baisse de subventions, Airparif en a bien besoin. C'est un formidable outil, utile aux élus car sans mesure, pas d'action », illustre Daniel Breuiller, maire d’Arcueil et vice-président de Paris Métropole. « Beaucoup de choses sont à réinventer. Profitons de la remise en jeu en 2017 du contrat entre Paris et Decaux pour étendre le réseau Vélib'. La création en décembre dernier d'un syndicat mixte d'études pour mettre en selle ce futur Vélib' métropolitain va dans ce sens. C'est séduisant pour accompagner le futur métro Grand Paris Express, autre réalisation concrète du Grand Paris. Et faire du rabattement vers ses futures gares », conclut Patrice Pattée, adjoint à l'urbanisme et la mobilité de la ville de Sceaux.

MB

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