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Sols pollués

La pollution occultée de Saint-Félix-de-Pallières

le 11/02/2016

Depuis 1975, dans les Cévennes, des déchets de mines empoisonnent l'environnement. L'association Générations Futures se prépare à porter plainte contre X pour mise en danger de la vie d'autrui.

La pollution occultée de Saint-Félix-de-Pallières

C’est l’histoire d’une pollution oubliée qui refait surface petit à petit, grâce à quelques riverains tenaces, des journalistes, et, prochainement, une plainte contre X pour mise en danger de la vie d’autrui. Cette histoire, c’est celle d’une mine dans les Cévennes, dans la commune de Saint-Félix-de-Paillères. Exploitée depuis l’époque romaine, mais surtout entre 1848 et 1971, elle aura produit 80 000 tonnes de zinc, 34 000 tonnes de plomb, mais aussi du cadmium, de l’argent, et du germanium. Les sondages réalisés par le BRGM en 1975 sur le site exploité par le Belge Umicore sont négatifs. Un arrêté ministériel prononce la renonciation en 2004.

Le hic, c’est un volume de 2 millions de tonnes de déchets de mines très chargés en métaux toxiques, qui s’étalent à ciel ouvert, sur plusieurs hectares. Un terrain sur lequel passent des sentiers de randonnée, des quads, soulevant des poussières, dans lequel des eaux pluviales percolent et se chargent de métaux lourds. Une partie appartient encore à Umicore, et une autre a été vendue à un groupement agricole, et abrite quelques logements de plein air.

Une étude, confiée en 2004 par la Drire au cabinet Geoderis, a été transmise, brut de décoffrage, par le préfet aux maires des communes concernées en 2008. C’est le point de départ : les échantillons de plusieurs points d’eau se révèlent « très acides », avec une « forte contamination en fer (172 mg/l contre un maximal autorisé de 5 mg/l, NDLR), en cuivre, en manganèse, en zinc, en plomb, en cadmium, et en sulfates ». Sur les résidus miniers, Geoderis trouve également de l’arsenic et de l’antimoine.

C’est à ce momentque débute la prise de conscience. Des riverains contactent des toxicologues renommés, notamment Jean-François Narbonne et André Picot, de l’association Toxicologie-Chimie (ATC), qui poursuivent les analyses. Leur rapport, publié en 2013, en clair : « De nombreuses personnes et familles vivent sur le site. De plus, rien n’est fait pour en empêcher l’accès à des touristes, promeneurs ou chasseurs. (…) Des cancers et des accidents vasculaires cérébraux ont frappé les familles résidant aux alentours ». Il faut attendre début 2014 pour quelques recommandations d’hygiène, mais aucune interdiction d’accès au site.

Et finalement, cette plainte contre X déposée par l’association Générations Futures au pôle santé publique du tribunal de grande instance de Marseille. « C’est un dossier incroyable », commente François Veillerette, directeur de Générations Futures, qui s’arme désormais de patience. Et de confiance : le traitement de ce dossier a été confié à une pointure, l’avocate Marie-Odile Bertella-Geffroy, ex-coordinatrice du pôle de santé publique au tribunal de grande instance de Paris, qui a notamment travaillé sur les dossier du sang contaminé et de l’amiante sur le campus de Jussieu. « Il existe d’autres sites similaires dans le Gard. Nous espérons que ce cas emblématique fera avancer le reste », explique François Veillerette.

Générations futures cherche encore des fonds pour financer les frais de dossier relatifs à cette action.

AC

Plus d'infos sur le site de Générations Futures
La fiche du site sur Basol

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