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dépollution, phytomanagement

Les plantes, une solution de gestion des sites et sols pollués

le 12/06/2017

Hydrocarbures, PCB, métaux lourds… De nombreux polluants sont présents dans les sols d’anciennes friches industrielles. Afin de permettre une réhabilitation durable de ces sites souvent situés en milieu urbain ou péri-urbain, les phytotechnologies sont aujourd’hui envisagées comme une solution complémentaire ou alternative de gestion de la pollution des sols.
En France, la politique de gestion des sites et sols pollués s’est développée dans les années 90. Depuis 2007, elle s’appuie sur l’évaluation des risques en fonction de l’usage du site. Par ailleurs, sous l’impulsion du Grenelle de l’environnement, l’aménagement des éco-quartiers, souvent installés sur d’anciens sites industriels, incite à prendre en compte des solutions de gestion des pollutions de sols plus en phase avec les enjeux de biodiversité et du développement durable. C’est dans ce contexte que le phytomanagement, mode de gestion des sites et sols pollués utilisant des plantes, commence à être utilisé comme une solution complémentaire ou alternative par des maîtres d’ouvrage.
Les techniques de dépollution les plus utilisées aujourd’hui sont :
- Le « venting-bioventing in situ », qui consiste à mettre en dépression la zone non saturée des sols pour y aspirer – et si possible biodégrader – les polluants volatils,
- La biodégradation in situ, sur site ou hors site, qui consiste à apporter des accepteurs d’électrons et des nutriments pour accélérer les processus de biodégradation,
- Le pompage/traitement ou encore le pompage/écrémage pour les hydrocarbures flottant au toit de la nappe).
Vis-à-vis de ces techniques classiques qui ont un large périmètre d’application (plusieurs dizaines de mètres de profondeur, comprenant à la fois la zone non saturée et la zone saturée), les phytotechnologies sont limitées à la tranche de sols 0-1 m, mais permettent généralement d’apporter d’autres services que la simple réduction de la concentration en polluants. On parle alors de services écosytémiques des sols.
Des techniques encore émergentes
Les phytotechnologies, soit l’ensemble de techniques utilisant des espèces végétales, avec ou sans combinaison à des amendements, présentent des avantages encore méconnus. En effet, elles restaurent les fonctions du sol et améliorent la biodiversité tout en valorisant l’intégration paysagère d’un site. On distingue trois grands types de phytotechnologies : la phytostabilisation, la phytoextraction et la phyto/rhizodégradation.
La phytostabilisation vise la réduction de la mobilité et de la diffusion des polluants dans l’écosystème en les concentrant dans les racines des végétaux. Cette technique ne permet pas de dépolluer les sols,
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mais constitue un mode de gestion destiné à limiter les risques via la stabilisation des métaux (zinc, cadmium, etc.) et des métalloïdes (arsenic).
La phytoextraction et la phyto/rhizodégradation sont, quant à elles, des techniques de dépollution à proprement parler. La première consiste en l’extraction et l’accumulation des polluants dans les parties récoltables des plantes, tandis que la seconde a pour objectif la dégradation des polluants organiques tels que les hydrocarbures grâce aux végétaux et à des micro-organismes.
Parmi ces technologies, la phytostabilisation dispose du plus grand nombre de retours d’expérience et d’exemples d’application, sur d’anciens sites métallurgiques notamment. La phytoextraction est en situation intermédiaire alors que le retour d’expérience sur la phyto/rhizodégradation semble très limité, notamment à l’échelle d’un site de démonstration. Elles posent aussi la question de la gestion des déchets issus de la taille des végétaux plus ou moins chargés en polluants : comment valoriser cette biomasse en énergie renouvelable, tout en tenant compte de la réglementation, du bilan économique, de l’acceptabilité par les populations concernées ? Autant d’interrogations qui montrent que le phytomanagement nécessite encore un important effort de R&D si l’on veut aboutir à des solutions opérationnelles.

Jean-Marie Come (BURGEAP), Marie-Anne Guglielmi (BURGEAP)

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