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Rénovation énergétique

La rénovation énergétique dans les DOM

le 09/08/2017
Avec la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte d’août 2015, ce sont tous les corps de métier qui sont concernés pour suivre et respecter des engagements forts en matière d’énergie. Ceux du secteur du bâtiment en tête, qui doivent opérer une rénovation énergétique ambitieuse. Et ce sont les territoires des DOM qui ont particulièrement avancé sur ce projet, avec des propositions fortes qui méritent d’être soutenues. 

Diminution de 38% par rapport à 2010 de la consommation énergétique du parc immobilier d’ici 2025 et de 67% d’ici 2050, rénovation de 500 000 logements par an dès 2017 et réduction de 30% des émissions de gaz à effet de serre dans le domaine du tertiaire et du résidentiel, telles sont les ambitions portées par la Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte. Soit le chiffre impressionnant de 20 millions de logements à rénover (parfois entièrement) d’ici à 2050. Ce qui représente un marché de 14 milliards d’euros par an pour le secteur du bâtiment. 
Il faut dire qu’avec plus de 850 millions de m² de surfaces à chauffer ou climatiser, le parc immobilier français est un grand consommateur d’énergie. Le métier du bâtiment doit ainsi pouvoir se transformer profondément pour offrir une nouvelle gamme de produits assurant une meilleure performance énergétique des logements et locaux, avec notamment l’utilisation d’énergies renouvelables. Et pour une fois, si la métropole amorce cette nouvelle révolution verte en douceur (90% des acteurs du bâtiment étaient encore en attente d’informations quant aux nouvelles réglementations), ce sont les territoires des DOM qui avancent tout particulièrement.

Le renouveau des DOM en matière d’énergie

Les DOM seraient même déjà sur la voie de leur indépendance énergétique, un enjeu de taille pour ces territoires insulaires qui importent leurs principales ressources fossiles (pétrole, fioul, charbon…) pour un coût global de 800 millions d’euros par an. La production d’énergies renouvelables, outre une véritable performance environnementale, est gage d’un potentiel d’industrialisation, d’une relance économique, de création d’emplois, quitte à devenir pour la métropole, des territoires d’innovation en matière de réseaux électriques intelligents. 

Et à chaque territoire sa spécificité et spécialité. En Guadeloupe, la géothermie, grâce aux sous-sols de l’île qui recèlent des eaux chaudes à plus de 250 degrés. En Martinique, on a opté pour la méthanisation des déchets. En Guyane, on va construire un nouveau barrage hydroélectrique et à La Réunion, on utilise pour combustibles la bagasse, des résidus de canne à sucre. Sans oublier pour chacun, l’utilisation de l’énergie éolienne et de panneaux photovoltaïques avec système de stockage d'énergie (comme le vaste projet du Cirque de Mafate à la Réunion, au dispositif primé lors de la COP21). Mais pour le secteur du bâtiment, il y a encore quelques réticences pour user de nouveaux matériaux, signes pour certains habitants d’une baisse de la condition sociale, tant une maison en dur est encore signe de richesse. 

Pour un acteur du bâtiment vert dans les DOM

Pour renouveler, parfois entièrement, le parc immobilier de ces territoires, il faut passer par de la communication et des aides financières. C’est à cela que s’emploie l’ADEME, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie qui met ses capacités d’expertise et de conseil à destination du grand public. Il faut ainsi pouvoir expliquer  et démontrer, qu’il vaut mieux faire ses travaux de rénovation en une seule fois plutôt que de les fractionner en plusieurs pour une meilleure performance énergétique, une optimisation des matériaux et corps de métier et un gain de temps et d’argent. Même si la somme à avancer est alors plus conséquente et donc rebutante pour une population au pouvoir d’achat souvent moindre par rapport à la métropole. 

L’ADEME a ainsi présenté en janvier 2017 un crédit d’impôt pour la Transition énergétique, selon que l’on soit locataire, propriétaire ou fiscalement domicilié en France. Il permet aux ménages de réduire leur impôt sur le revenu d’une partie des dépenses suscitées lors de travaux d’amélioration énergétique, que l’on soit imposable ou non et après déduction d’aides parallèles, de type subventions. Le montant est plafonné à 8 000 euros pour une personne seule et 16 000 euros pour un couple. Les travaux éligibles sont également différents selon le territoire, car sont pris en compte les caractéristiques de chacun, notamment climatiques. Une brochure a ainsi été distribuée pour expliciter pourquoi il faut assurer une rénovation de son logement et quelles aides on peut obtenir pour ce faire.
Outre le crédit d’impôt, on retrouve un éco-prêt à taux zéro qui permet d’améliorer la protection des logements contre les rayonnements solaires ; une TVA à taux réduit ; ou un plan d’aide à l’électrification pour les sites isolés, pour un investissement de modules photovoltaïques. Sans oublier une aide bienvenue des fournisseurs d’énergie comme EDF qui propose, par exemple, selon les territoires, une prime pour l’isolation thermique, pour un chauffe-eau solaire ou une climatisation performante. Ou sa direction des Systèmes énergétiques insulaires (SEI) qui aide les bailleurs sociaux à équiper leurs locataires d’ampoules LED en s’engageant à en distribuer plus de 94 000 en Guadeloupe et 225 000 en Martinique. La transition énergétique des DOM risque donc d’être pour très bientôt.
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Camille Pérac

Conseiller énergétique habitat auprès des particuliers et entreprises

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