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Energies renouvelables : l’Arabie saoudite se rêve en leader arabe de l’énergie propre

le 01/09/2017

L’Arabie saoudite a annoncé aujourd’hui avoir réduit à 25 la liste d’entreprises concourant à la réalisation de son parc éolien terrestre de 400 MGW. La France par le biais d'EDF Energies Nouvelles, fait partie des entreprises retenues pour le projet, dont le maître d'oeuvres sera retenu en janvier de l'an prochain. Cet appel d’offres pourrait surprendre ceux ou celles qui n’auraient pas suivi le virage stratégique de Riyad vers une économie plus propre et moins dépendante du pétrole en début d’année.

Conscient que sa dépendance au pétrole est une faiblesse autant qu’une gageure pour la planète, Riyad aspire désormais à plus d’indépendance énergétique.

 

Entre 30 à 50 milliards d’investissements

"J'ai le plaisir d'annoncer que nous allons lancer dans les prochaines semaines en Arabie saoudite le premier appel d'offres pour notre gros programme destiné à introduire les énergies renouvelables". C’est avec ces mots que Khaled al-Faleh, le Ministre de l’énergie saoudien, avait proclamé en avril dernier la volonté de Riyad de diversifier son mix énergétique d’ici à 2023.

L’annonce était en soi révolutionnaire : quoi, au pays de l’or noir, on aspire désormais à changer entièrement de modèle énergétique et passer au renouvelable ?

L’Arabie saoudite est pourtant très sérieuse. Avec 30 à 50 milliards d’euros dédiés à ce plan, il est évident que l’Arabie saoudite ne va pas se contenter de faire de la figuration. « Nous voulons que le royaume devienne à moyen terme un pays qui développe, fabrique et exporte des technologies avancées de production d’énergies renouvelables » expliquait alors M. Al-Faleh.

L’objectif ? Tirer 10% de son énergie de sources renouvelables, soit près de 9,5 gigawatts en tout, d’ici à 2023, afin de faire de Riyad un« des chefs de file de l’économie durable ». L'éolien et le solaire seront les fers de lance de cette transformation, qui pourrait par ailleurs avoir un impact considérable sur l'industrie: les complications liées au climat et au milieu désertique pourraient se traduire in fine par un bond technologique important.

Un tournant durable historique, une « transformation » aussi profonde que celle qu’avait entraînée la découverte des réserves de brut dans les années 1930.

 

Entre crise du brut et explosion de la demande, une véritable nécessité

Cette mutation rapide est la conséquence des récentes déconvenues de Riyad avec le pétrole, dont les soubresauts avaient durement affaibli l’économie saoudienne en 2014.

Mais ce n’est pas tout. Selon les dernières projections, la demande énergétique de l’Arabie saoudite devrait exploser à l’horizon 2020, amputant les exportations de brut de près de deux millions de barils par jour. Reporter davantage son mix énergétique sur le solaire et l’éolien pourrait permettre de mieux encaisser le choc.

Il semble que l’ère du tout pétrole ait été définitivement tournée pour Riyad.

Depuis le choc de 2014, le Royaume sait que son avenir ne passera plus entièrement par l’or noir. «En Arabie saoudite, nous reconnaissons qu'un jour nous n'aurons plus besoin de carburants fossiles. Je ne sais pas quand, en 2040, en 2050 ou plus tard » admettait Ali al-Naimi, ministre du Pétrole déjà en 2015.

Symbole de ce changement de paradigme, Aramco, le géant pétrolier saoudien, devrait être également introduit en bourse pour le second semestre 2018.

 

Derrière ce plan, la patte de MBS, le futur monarque saoudien

Le projet de modernisation du mix énergétique n’est qu’une partie d’un projet plus vaste, baptisé Vision 2030, touchant à tous les secteurs économiques de l’Arabie saoudite. Mohammed ben Salmane Al Saoud est le principal artisan de ce vent de réforme.

Devenu prince héritier en 2017, « MBS » comme on le surnomme travaille néanmoins à la modernisation du royaume depuis longtemps. C’est lui qui, l’an dernier, annonçait le plan Vision 2030 dont l’objectif assumé était la transformation profonde de Riyad. Tourisme, droit des femmes, privatisations, écologie… Le nouveau monarque veut imprimer sa marque.

Et l’ouverture des opportunités économiques aiguise les appétits.

L’appel d’offres du parc éolien, s’il n’a pas encore été chiffré, devrait représenter au moins une centaine de millions d’euros (basé sur le prix 2014 d’investissement de l’éolien). Mais la concurrence sera rude : EDF Energies Nouvelles, la filiale d’EDF retenue dans la short-list des industriels, sera ainsi confrontée à l’Américain General Electric, l’Allemand Siemens, l’Italien Enel ou encore le Japonais Toyota. Mais au-delà de l’aspect financier, les parcs de cette ampleur sont rares, ce qui représente également une vitrine non négligeable en termes d’expertise pour qui remporterait cet appel d’offres, en 2018.

Hasard du calendrier : Emmanuel Macron doit recevoir Mohammed ben Salmane Al Saoud début septembre à l’Elysée.

Nul doute que le sujet du mix énergétique saoudien sera sur toutes les lèvres…

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Roger Perrin

Consultant en énergies renouvelables

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