À peine constituée, Lyon Carex voit loin. Cette association, créée le 24 septembre par une douzaine d'acteurs publics (collectivités locales, chambres de commerce...) et privés (Fedex, WFS, La Poste, les Aéroports de Lyon...), n'a pourtant pour objet que d'étudier la faisabilité d'un projet : celui d'un service de fret ferroviaire à grande vitesse relié à l'aéroport Lyon-Saint-Exupéry. Mais si cette faisabilité est avérée, comme le laisse entendre une première étude partielle, la nouvelle association permettra, avec le réseau Euro Carex auquel elle est intégrée, de retirer des routes européennes quelque 35 000 camions par an et de réduire sensiblement le nombre de vols de nuit. En effet, actuellement, pour parvenir à destination, le fret aérien, regroupé sur des hubs, navigue d'un aéroport européen à l'autre par la route ou les airs. Il s'agit donc de le transférer sur des lignes ferroviaires à grande vitesse. « De quoi produire, a minima, dix-sept fois moins de CO2 qu'aujourd'hui », estime le président de Lyon Carex, Salvatore Alaimo, P-DG du groupe Dimotrans. Ce projet, qui s'inscrit dans le cadre du Grenelle de l'environnement, devrait se concrétiser en 2012, avec la création d'une plate-forme aéroportuaire (ou « railport ») à Saint-Exupéry, pour un coût entre 10 et 20 Me, et d'un embranchement ferroviaire (environ 12 M€). Pour porter les autres railports du réseau Euro Carex, des associations similaires sont déjà constituées à Roissy (à l'origine du projet), Liège et Londres, tandis qu'une convention a été signée à Amsterdam et que d'autres projets sont sur les rails à Lille et Francfort.