Ils vont aux champs, mais au milieu de panneaux photovoltaïques. Ces quatre moutons de Lunel (Hérault) ne sont pas directement producteurs de kilowattheures, mais ils y contribuent en broutant toute herbe folle qui pourrait faire de l'ombre aux 6 700 panneaux que Valeco, un groupe montpelliérain dirigé par Éric Gay, vient d'installer. 605 900 kWh annuels sont annoncés, de quoi fournir l'électricité à 300 familles. Un ancien verger de 1,5 hectare est loué pour la circonstance. Soutenue par la Région Languedoc-Roussillon à hauteur de 150 000 euros pour un investissement total de 2,4 millions d'euros, cette réalisation se targue d'être la plus importante de France pour quelques semaines encore, d'autres projets d'importance étant en cours de réalisation. Dans le seul département de l'Hérault, les installations devant voir le soleil d'ici quatre ans occuperaient une surface au sol de 300 hectares. De quoi s'interroger : la transformation d'anciens vignobles ou vergers en centrales solaires fait grincer les dents de nombreux agriculteurs. D'autres solutions, comme les ombrières solaires du parking du supermarché Leclerc de Saint-Aunès (34), sont évoquées. Et EDF marque sa préférence en rachetant 0,55 € le kilowattheure intégré en toiture, contre 0,31 € lorsque les panneaux sont installés au sol. Le maire de Lunel pour sa part n'a pas lieu de se plaindre : l'installation de Valeco lui rapportera 185 000 euros de taxe professionnelle par an.