Dans sa tarification aux compagnies aériennes, l’aéroport franco-suisse vient d’introduire une « modulation bruit » en fonction des horaires de vols. Ceux de nuit (22 h à 6 h) seront surtaxés tandis que ceux de journée bénéficieront d’une réduction. La grille affine également la classification des appareils selon leur puissance sonore et leur poids. En incitant à voler de jour, elle vise autant à prévenir l’avenir qu’à améliorer l’existant. Malgré la hausse de son trafic, l’aéroport a stabilisé depuis quatre ans le total des mouvements à environ 82 000 par an et la proportion des nocturnes à un peu moins de 10 %. Face à des compagnies de fret qui militent pour la levée des restrictions de nuit, l’aéroport sort sa nouvelle arme de dissuasion financière. « Elle offre un équilibre entre les considérations économiques et environnementales. Nous ne fermons pas la porte au fret qui représente un moteur de croissance pour nous, tout en préservant le confort de la population », estime Jean-Pierre Gallo, le président français de l’Euroairport. Dans la zone très urbanisée alentours, le bruit est un sujet sensible, en particulier côté suisse. Au point que plusieurs communes helvétiques mènent leurs propres mesures, sans se satisfaire des résultats pourtant transparents des treize stations de l’Euroairport.CRLe site de l’Euroairport Bâle-Mulhouse