POUR
Étienne Cendrier,
porte-parole de l'association Robin
des toits
À l'occasion du Grenelle des ondes, nous proposons aux opérateurs de téléphonie mobile de tester le seuil d'exposition maximum de 0,6 V/m. Des études scientifiques montrent qu'une exposition supérieure a des effets nocifs sur la santé. Il représente aussi un seuil d'acceptabilité sociale par la population, puisque personne n'a refusé l'installation d'une antenne si ce seuil est respecté. Ces tests se feraient dans des villes pilotes. Nous sommes persuadés que les téléphones portables fonctionneront encore. En zone urbaine, le réseau d'antennes relais est suffisamment dense pour y parvenir, mais en zone rurale, il faudrait de nouvelles antennes, ce à quoi s'opposent les opérateurs. Si le Grenelle ne se traduit par aucune mesure concrète pour protéger les citoyens, nous lancerons encore des procédures judiciaires. Sur les trois en cours, un démantèlement a été ordonné et les deux autres sont en appel.
CONTRE
Jean-Marie Danjou,
délégué général de l'Association française des opérateurs de mobile (Afom)
Nous nous opposons à ce seuil de 0,6 V/m pour plusieurs raisons. Tout d'abord, il ne repose sur aucune base scientifique. L'étude qui l'a fait émerger n'a jamais pu être reproduite. C'est pourquoi aucune autorité sanitaire, au plan mondial, n'y fait référence. Ensuite, ce chiffre pose un problème technique : les réseaux de téléphonie ne pourront pas fonctionner. Il faudrait diminuer par 10 000 la puissance d'émission des antennes. Et elles ne sont pas les seules concernées, car la réglementation s'applique à toutes les émissions de fréquences : télévision, radio, etc. Enfin, les associations soutiennent que 0,6 V/m représente un seuil d'acceptabilité sociale, mais nous constatons que dans certains cas d'opposition entre habitants et opérateurs, la puissance mesurée dans les locaux était inférieure à 0,6 V/m. Non seulement un tel test n'aurait aucun sens au niveau sanitaire, mais il priverait les habitants des villes volontaires de téléphone mobile.