Renforcement réglementaire oblige, la filière fruits et légumes ne peut faire l'impasse sur le respect des teneurs maximales de résidus (TMR) de pesticides contenus dans ses produits. En 2007, un contrôle effectué par la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) sur 3 742 échantillons de fruits et légumes avait conclu à un dépassement des limites autorisées dans 7,6 % des cas. Dès 2008, Hexagro, un réseau de grossistes-distributeurs, a donc pris les devants afin d'imposer à ses adhérents un meilleur suivi de la qualité.
Sur trois laboratoires candidats, il a retenu Phytocontrol, spécialisée dans l'analyse des phytosanitaires. Celui-ci prélève chaque mois cinq échantillons de fruits et légumes sur deux des 52 dépôts du réseau. « Notre cahier des charges a fixé un niveau d'analyse poussée, avec 200 molécules phytosanitaires passées au crible. On ne fait pas une analyse bactériologique ou toxicologique, mais bien une recherche ciblée de résidus de pesticides », précise Christian Danel, directeur d'Hexagro.
Dans le circuit de gros, ce type de contrôle n'est pas obligatoire, excepté si les produits distribués sont importés. « Cette initiative volontaire met la pression sur nos fournisseurs. Le coût des analyses est pris en charge, mais si les résultats s'avèrent mauvais, les frais d'inspection complémentaires ou de renouvellement de lots sont à la charge du grossiste », ajoute Christian Danel.
Une marge de dépassement de 5 % des TMR admises est tolérée. Au-delà, l'alerte est lancée et la DGCCRF prévenue. Si ce n'est encore jamais arrivé, Hexagro a choisi de prévenir des crises lourdes de conséquences, tant sur le plan sanitaire qu'économique. Pour responsabiliser ses adhérents, une règle a été fixée : deux des cinq échantillons prélevés sont choisis à la demande du dépôt. Objectif : inciter les grossistes à affiner en interne leur propre procédure en matière de qualité et éviter qu'ils ne se reposent sur les seuls contrôles inopinés. Une fois les résultats transmis à Hexagro, celui-ci les compile et peut les transmettre aux clients qui en font la demande. Un bilan de l'expérience sera tiré cet été.