Longs, coûteux, partiels et pas toujours assez précis : voilà comment on pourrait qualifier les relevés topobathymétriques réalisés jusque-là à l'aide de sondes acoustiques par le service maritime et de navigation du Languedoc-Roussillon. Ces relevés, indispensables à l'élaboration des plans de défense et de sauvegarde du littoral, doivent aussi être renouvelés régulièrement pour suivre les évolutions du cordon littoral. Urbanisation, tempêtes, marées et remontée du niveau de la Méditerranée poussent à agir vite. Il faut donc disposer de relevés fiables. C'est pourquoi la direction régionale de l'Équipement du Languedoc-Roussillon a utilisé pour la première fois en France un système laser aéroporté, le Lidar (Light Detection and Ranging). Début septembre, 470 km2 ont été soumis à deux faisceaux laser aux longueurs d'ondes différentes : l'une se refléchit à la surface de l'eau, l'autre sur le plancher marin. La mesure de la hauteur d'eau est déduite du temps séparant les deux échos. Cette technologie fournit une densité de points importante à une précision élevée. Un balayage des faisceaux de part et d'autre de la ligne de vol donne des relevés en continu entre les fonds marins et les cordons dunaires. La livraison des données est prévue début 2010. L'État a pris en charge les 760 000 euros de l'opération, réalisée par le groupement d'entreprises Eurosense (Lille) et Fugrolads (Australie).