40 voix contre, 106 pour. Pour la première fois, le schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage) du comité de bassin Loire-Bretagne n'a pas été adopté à l'unanimité. Le 15 octobre, les conseils régionaux de Bretagne et des Pays de la Loire ainsi que la plupart des collectivités ont refusé la nouvelle stratégie pour 2010-2015. Pourquoi ? « Parce qu'elle ne permettra pas de respecter nos obligations de bon état des eaux en 2015 exigées par la directive-cadre européenne ; les actions prévues sont exactement les mêmes qu'auparavant », répond Pascale Loget, vice-présidente de la Région Bretagne. « L'objectif de 61 % des masses d'eau en bon état écologique est inférieur aux 75 % réclamés par le Grenelle de l'environnement, renchérit Jean-Pierre Le Scornet, vice-président de la Région Pays de la Loire. Les mesures prévues sont simplement curatives et non préventives. » Le conseil scientifique de l'environnement de Bretagne évoque « un fossé entre les excellentes intentions du Sdage et leur effectivité ». L'objectif de moins 30 % des flux de nitrates pour réduire les algues vertes lui paraît ainsi « très insuffisant ». Pascale Loget conteste même la représentativité du comité de bassin. Des critiques auxquelles répond Paule Opériol, porte-parole de l'agence de l'eau : « Sa composition est fixée par la loi. Les collectivités, qui représentent également les habitants, détiennent 40 % des sièges. » Les objectifs ? « Les 61 % des cours d'eau en bon état sont une obligation de résultat. Ce n'est pas rien si on considère que nous en sommes aujourd'hui à environ 25 % ! » La qualité des eaux bretonnes était à l'origine de la condamnation de la France par la Cour de justice européenne. Ce Sdage évitera-t-il un nouveau contentieux ?