Le contrôle des installations classées est-il créateur d'emploi ? Oui, côté inspecteurs des installations classées en Drire qui devraient passer de 1200 à 1500 d'ici à 2015. Côté organismes privés, pas d'euphorie alors qu'un nouveau marché s'ouvre à eux. « Jusqu'en 2008, le contrôle périodique et l'inspection étaient une prérogative des Drire. Désormais, 38 rubriques de la nomenclature des installations classées soumises à déclaration sont déléguées à des organismes privés accrédités », rappelle Daniel Dichter, directeur du département inspection à l'Apave. Près d'une trentaine d'organismes ont obtenu leur accréditation Cofrac pour réaliser des contrôles et des inspections d'ICPE. Des contrôles qui doivent être réédités tous les cinq ans, sauf pour les entreprises certifiées Iso 14001, qui bénéficient d'un délai de dix ans avant ce renouvellement.
Les organismes de contrôle ont fait leur compte : sur une estimation comprise entre 60 000 et 80 000 ICPE à contrôler en cinq ans et en tenant compte du nombre de concurrents, elles ont décidé de former leurs contrôleurs à cette nouvelle activité et non d'embaucher. Les formations, comprises entre deux et cinq jours, ont commencé au début de cette année. « Elles s'adressent en général à des personnes ayant déjà des compétences dans le diagnostic, l'assistance aux études, le contrôle de sécurité, etc. », explique Philippe Jamin, chef de marché et développement produits nouveaux chez Socotec industries, qui vise 3 000 à 4 000 contrôles à terme. Et les prestations commencent, petit à petit. « Il est difficile de jauger le potentiel commercial de ces contrôles périodiques », estime Patrick Brienne, chez Dekra inspection, dont 25 contrôleurs ont réalisé entre 200 et 300 contrôles en 2009. « Cependant, la première échéance est fixée au 1er juin 2010 pour les installations mises en service avant le 1er janvier 1986. L'activité devrait donc s'accélérer l'année prochaine. » À condition que ces industriels, parmi lesquels de nombreux pressings et stations-service, demandent ces contrôles. « Il faut toujours un peu de temps pour qu'une réglementation se mette en place », souligne Philippe Jamin.