Bien gérer les populations de chevreuils implique de savoir les dénombrer. Or selon le Groupe chevreuil français constitué de chercheurs du CNRS, de l'Inra, du Cemagref, de l'ONF et de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage ( ONCFS), les méthodes classiques de comptage sont source d'erreurs. « D'où la nécessité d'une approche scientifique fondée sur un jeu d'indicateurs de changement écologique (ICE) axés sur l'interaction entre l'animal et son environnement », justifie Nicolas Morellet, ingénieur de recherche à l'Inra de Toulouse. Indicateur de pression de consommation, de performance et d'évolution du poids corporel, indice kilométrique d'abondance de la population... Au premier abord, tant d'informations peuvent rebuter. « Plus on en a, mieux on gérera leur population, motive Nicolas Morellet. Certes, cela nécessite du travail et du sérieux dans le suivi des protocoles d'observation. Mais l'enjeu en vaut la chandelle, d'autant que la méthode a fait ses preuves dans des forêts comme celle de Chizé (Deux-Sèvres) ou de Trois-Fontaines (Meuse). » Dans l'Eure-et-Loir, le gestionnaire privé Forestis en vante aussi les mérites et, en Seine-Maritime ou dans le Tarn, le suivi de ces ICE influe sur les décisions prises en commission de plans de chasse. Toutefois, il faut au moins trois ans pour qu'il donne des résultats. Dans les départements en retard, il est donc temps de s'y mettre... Dernier avantage : moyennant quelques ajustements, ces ICE sont transposables pour le suivi d'autres herbivores tels que l'isard, le chamois ou le cerf.