Pilote
C'est une solution unique que le laboratoire central des Ponts et Chaussées ( LCPC) a développée et qui s'inscrit dans un cadre international mis en oeuvre par l'OCDE depuis 2000. Elle vise à porter la durée de vie de la couche de roulement jusqu'à trente ou quarante ans, au lieu de sept à quinze ans aujourd'hui, alors que la sous-couche dure environ trente ans.
Deux matériaux sont testés : l'enrobé au bitume époxy et l'enduit hydraulique fibré gravillonné (EHFG). Ce dernier vient d'être posé pour la première fois sur une surface de 720 m2 sur un giratoire, dans la Sarthe. Il s'agit d'un mortier de ciment armé de fibres et incrusté de gravillons à haute résistance. « Le mortier à ultra-haute performance est associé à des gravillons de bauxite calcinée, ce qui devrait maintenir la rugosité et l'adhérence dans le temps et éviter que la chaussée devienne glissante », explique François de Larrard, directeur de recherche au LCPC. Cette mise en oeuvre a demandé le développement de plusieurs machines spéciales : répandeuse à mortier, gravillonneuse et compacteur. L'EHFG est appliqué en couche fine de 1 cm contre 2,5 cm pour les couches actuelles. Au total, ce procédé permettrait une diminution d'un facteur dix de la consommation de matériaux non renouvelables. Un suivi est assuré par le LCPC jusqu'à fin 2011, dans le cadre du projet Clean. Il s'agit tout d'abord de mesures d'adhérence et d'acoustique. La commercialisation n'est pas envisagée avant plusieurs années.