Comme bon nombre de bailleurs sociaux, le strasbourgeois CUS Habitat cède à la tentation du photovoltaïque. Mais il se distingue dans la disposition de ses panneaux : plutôt que de les installer sur les toits, il les a fait poser sur la façade de sept immeubles du quartier de l'Esplanade. Il suffisait d'y penser : les pignons de ces barres HLM hautes de 25 mètres présentent autant, sinon davantage, de potentiel de surface à couvrir que la toiture. « Comme ces façades sont dépourvues de fenêtres, les panneaux ont pu être posés d'un seul bloc. Et comme elles donnent sur la rue, aucun locataire ne souffre d'une vue perturbée. Et de surcroît, elles sont orientées plein sud », souligne Francesco Palermiti, chef du service techniques spécialisées. Moyennant un investissement de 595 000 euros, les 670 m2 de capteurs entreront en service cet automne. Ils produiront 54 000 kWh par an, revendus intégralement à Électricité de Strasbourg, une filiale locale d'EDF dont l'une des composantes, Ecotral, a assuré l'installation. De cette vente négociée sur vingt ans avant la récente révision à la baisse des tarifs, le bailleur escompte un revenu annuel de 32 000 euros qui viendra soulager le budget qu'il consacre à la conversion aux ampoules basse consommation de l'ensemble des 20 000 logements dont il est propriétaire à Strasbourg et dans son agglomération. Une étude conclura avant la fin de l'année à l'intérêt ou non de généraliser le photovoltaïque à son parc immobilier.