Je mesure 20 cm, j'exhibe des taches jaunes et une carapace rayée brun foncé, qui suis-je ? La cistude d'Europe, une tortue d'eau douce qui avait disparu de nos contrées. Mais le Conservatoire d'espaces naturels (CEN) de Savoie ne croit pas en la fatalité. Organisé le 27 avril dernier, son troisième lâcher d'une vingtaine de tortues cistudes devrait marquer une accélération dans la réintroduction de cette espèce protégée en Savoie. « Les maîtres mots pour la réintroduction de tortues, c'est patience et longueur de temps », souligne André Miquet, responsable scientifique du projet, lancé il y a quinze ans par le CEN Savoie. Prioritaire pour l'Europe au titre du réseau Natura 2000, la cistude fait l'objet d'un plan national d'action (2011-2015). Pour réintroduire cette espèce indigène sur un site Natura 2000 entre le Rhône et les abords du lac du Bourget, le conservatoire a déjà réalisé deux premiers lâchers, de 35 animaux en 2000 et de 28 en 2009. « Ces opérations étaient encore expérimentales. Aujourd'hui, notre filière d'élevage menée en collaboration avec trois parcs animaliers arrive à maturité. Elle devrait produire 150 animaux par an et nous permettre d'accélérer la cadence des lâchers. L'objectif est de recréer une métapopulation à l'échelle du site », précise le responsable du CEN Savoie. Les tortues relâchées feront l'objet d'un suivi intensif par radiopistage durant la première année, puis seront comptées régulièrement par capture et marquage.