Rodolphe Grosléziat, auteur du Potager anti-crise (éditions Ulmer)
Savant. En jardinage bio, il se raconte un peu de tout. Nombre de recettes de grand-mère relèvent de la croyance ! Mieux vaut être rationnel, observer et anticiper, en se nourrissant de lectures pointues. Pour avoir des légumes vigoureux et repousser les mulots, tout passe par le travail du sol. Planter de la sauge, de la tanaisie et de l'ail est utile. Pour créer un environnement attractif pour les petites bêtes qui aident le jardinier, il faut des haies protectrices et nourricières, des refuges pour les mésanges, des tas de bois pour les insectes et une mare pour les crapauds qui se régalent de limaces. Les chats sont aussi de précieux compagnons !
Jean-Marc Lefèvre, chef du service environnement de la ville de Caen
Spécialiste. J'ai un grand terrain attenant à une ferme. Pas question d'y aligner des dahlias et rosiers : j'évite la monoculture et privilégie la diversité. Autour du potager, je conserve des zones refuges pour les pucerons. Un paradis pour les coccinelles et leurs larves qui s'en nourrissent ! Celle à deux points est la plus efficace. Autre auxiliaire, les chrysopes : les gens pensent que ce sont des mites, mais ils sont voraces en pucerons ! Tout comme les larves de petites guêpes ou le carabe doré, surnommé jardinière car il est le meilleur ami des jardiniers.
Denis Pépin, jardinier conseil et formateur en jardinage biologique
Pas bête. Pour que les plantes soient en bonne santé, il faut un sol vivant et qui respire. Attirer les auxiliaires, c'est bien, mais s'ils ne sont que de passage, cela ne sert pas à grand-chose. Pour qu'ils restent dans le jardin, il faut qu'ils trouvent tout ce dont ils ont besoin pour boire, manger, se reproduire. Il faut des fleurs toute l'année. Et des plantes relais, des haies ou du sureau, pour les pucerons dont ils se nourrissent. Les techniques de piégeage ont leurs limites : elles bloquent les prédateurs, mais aussi les auxiliaires. Privilégiez les barrières, par exemple des voiles anti-insectes pour lutter contre la mouche de la carotte.
Noémie Vialard, pépiniériste de formation et journaliste
Fleur bleue. Mes 1 000 mètres carrés de jardin accueillent 3 000 plantes. Leur diversité contribue à son équilibre. Je n'y applique aucun traitement : les auxiliaires font le travail. J'ai introduit des fougères et orties qui attirent les papillons. Un cabanon abrite des chauves-souris qui s'occupent des moucherons. Les murets en pierre qui soutiennent les parcelles de potager attirent les lézards. Cela donne un jardin vivant et sonore : les grives qui tapent la coquille de l'escargot pour le manger, c'est un délicieux spectacle !
Matthieu Maurice, technicien au syndicat mixte du bassin-versant de l'Hers (Haute-Garonne)
Autonome. Dans mon jardin, à Toulouse, j'ai recréé un écosystème avec aussi bien des ravageurs que leurs prédateurs. Il y a quelques dégâts, mais rien de grave : l'ensemble s'autorégule bien. Une maison fait main abrite des insectes. À mon niveau, pas la peine d'en acheter : c'est bon pour les professionnels. Pour attirer les pollinisateurs, des pieds de lavande suffisent. J'use de techniques d'associations de plantes et de leur pouvoir répulsif. Planter des œillets d'Inde près des tomates et des poireaux près des carottes, cela marche !