C'est à l'autre bout du monde que le Syndicat des armements réunionnais de palangriers congélateurs (SARPC) est allé chercher la sixième certifica tion MSC (Marine Steward ship Council) d'une pêcherie française. Les pêcheurs de légine de Kerguelen se sont jetés à l'eau en 2009 après avoir déjà abandonné en 2000 la très destructrice pêche de grand fond au chalut pour passer à la palangre. « Nous avons dépensé plusieurs dizaines de milliers d'euros pour obtenir la certification, seul moyen pour garantir notre bonne gestion. Nos pratiques ont beaucoup évolué depuis dix ans. Nous avons par exemple fait chuter la mortalité aviaire en utilisant des lignes lestées et blanches », explique Yannick Lauri, pré sident du SARPC qui annonce également la création d'une Fondation des mers australes destinée à financer des études scientifiques. Le processus de certification aurait d'ailleurs réchauffé les relations entre les pêcheurs, les instances scientifiques et les autorités. François Chartier, chargé de campagne océan chez Green peace reste cependant dubi tatif : « Le MSC est le système le plus crédible, mais n'est pas à la hauteur des enjeux de la surpêche. Ce n'est pas un levier d'amélioration et n'a fait ici qu'entériner les changements de pratiques. La Scapêche d'Intermarché et Sapmer, deux des six armateurs du syndicat, ont par ailleurs, dans l'Atlantique Nord ou l'océan Indien, des pratiques bien moins respectueuses… »