Mi-novembre, c'est un chantier unique en France qui va démarrer dans le Haut-Drac, dans les Hautes-Alpes (05). Sur environ 4 km, le lit de cette rivière s'est enfoncé de 5 mètres depuis les années 1960. En cause : les activités humaines, mais aussi un matelas d'alluvions naturellement trop fin et rapidement érodé. Les conséquences sont majeures : « On assiste à une dégradation généralisée des habitats aquatiques et à la disparition de la nappe phréatique. Des glissements de terrain menacent les ouvrages riverains », détaille Bertrand Breilh, chargé de mission à la Communauté locale de l'eau du Drac amont (Cleda). Pour inverser ce phénomène, la Cleda lance le plus gros chantier d'élargissement et de remblaiement d'un cours d'eau jamais réalisé en France. Coût : 5 millions d'euros, notamment financés par l'agence de l'eau (45 %). « Il y a urgence, prévient Bertrand Breilh, car l'enfoncement menace l'amont. En effet, les matériaux sont actuellement retenus par un seuil, un ouvrage construit dans les années 1990 pour alimenter le plan d'eau du Champsaur. Mais il est en voie de rupture et peut céder à tout instant. C'est une vraie course contre la montre ! » D'où le choix de la date du chantier, en période d'étiage d'hiver, qui doit s'achever impérativement avant la fonte des neiges de printemps. « Ce que l'on craint par-dessus tout, c'est une crue… », confie