Il existe maintenant deux réseaux de suivi des polluants de l'eau dans le bassin d'Arcachon. Rempar (Réseau micropolluants bassin d'Arcachon) va épauler le réseau Repar mis en place il y a quatre ans pour le suivi des pesticides. En effet, dans cette lagune semi-fermée où cohabitent eaux douce et salée, les herbiers de zostères régressent depuis quelques années, tout comme le phytoplancton, et les huîtres subissent une mortalité inexpliquée. « Il devenait nécessaire d'acquérir plus de connaissances sur les pesticides et leurs impacts », affirme Sabine Jeandenand, directrice générale des services du Syndicat intercommunal du bassin d'Arcachon (Siba) qui assure l'assainissement pour dix communes.
Repar est constitué d'une dizaine de points de prélèvements pour des analyses mensuelles de plus d'une centaine de molécules et une évaluation de leurs effets sur le milieu aquatique. L'université de Bordeaux-1 a développé des méthodes spéciales telles l'échantillonnage passif pour détecter des molécules en très faible quantité. « Repar a permis de mettre autour de la table tous les intervenants autour de ces substances », se réjouit la directrice. Car outre les analyses, le Siba a enquêté pour connaître les pratiques du monde agricole, du nautisme et des jardiniers amateurs. Ces études ont permis de redéfinir la liste des substances à suivre en fonction des usages et de lancer des opérations de sensibilisation, notamment auprès des communes. Un coût global pour le Siba de près de 75 000 euros par an, subventionné pour moitié par l'agence de l'eau Adour-Garonne. Mais les causes de dégradation du milieu étant multifactorielles, le lancement de Rempar élargira les investigations à une centaine d'autres molécules suspectes telles les HAP, les métaux lourds, les retardateurs de flamme ou encore les résidus de médicaments. Les rejets d'eaux usées et pluviales seront ciblés. « Nous allons travailler sur l'amélioration du traitement à la source. Par ailleurs, il s'agira de mieux comprendre les pratiques pour mieux cibler les molécules à suivre et trouver des leviers d'action efficaces », détaille Sabine Jeandenand. Le pôle de santé d'Arcachon et l'industriel Smurfit Kappa, producteur de papier d'emballage, se sont associés à la démarche.
Ce projet ambitieux a été soumis à l'appel à projets « innovations et changements de pratiques : lutte contre les micropolluants des eaux urbaines » lancé par l'Office national de l'eau et des milieux aquatiques ( Onema), fin 2013. « Être lauréat nous permettrait d'accélérer la mise en œuvre de Rempar. Mais quelle qu'en soit l'issue, nous engagerons des démarches car ces réseaux doivent s'inscrire dans le temps », assure la directrice. Réponse attendue pour mi-juin.