Dans la course à la production d'éthanol de seconde génération, synthétisé à partir de biomasse non alimentaire, Deinove est en bonne place. Mais pour tenir son rang, la petite société de 45 personnes, installée à Montpellier, cherche de l'argent frais. Car pour l'instant, Deinove, cotée sur le marché Alternext, est surtout consommatrice de trésorerie. Heureusement, plusieurs partenaires soutiennent ses recherches, dont le fonds Truffle Capital, mais aussi Tereos, et tout récemment, l'Ademe. « D'ici trois à quatre ans, nous serons soit une bonne cible pour une acquisition, soit une entreprise de taille intermédiaire, avec un chiffre d'affaires de l'ordre de 250 millions d'euros », prédit Emmanuel Petiot, directeur général de la start-up depuis janvier 2013, débauché d'une grande entreprise américaine des biotechnologies. Deinove exploite une famille de bactéries très particulières, les déinocoques qui ont la capacité de reconstruire leur génome quand il est dégradé, et supportent donc des biotopes aussi hostiles que des sources d'eau chaude, des volcans, des déserts… Les chercheurs de Deinove ont développé des techniques biotechnologiques simples et robustes pour insérer de quoi synthétiser des molécules d'intérêt (dont l'éthanol) dans leur génome. « Récemment, nous avons produit de l'éthanol concentré à 9 %, à l'échelle du laboratoire. La production va se développer dans des réacteurs de plus en plus volumineux, jusqu'à 1 m3 . L'industrialisation pourra alors commencer », décrit le jeune dirigeant. L'objectif : « Céder les premières licences d'ici fin 2015 ou début 2016 ».