Le Cler ne défend plus une obligation de rénovation énergétique lors des mutations, même si je pense que cette décision rationnelle s'imposera un jour. Nous soutenons la volonté du gouvernement d'intégrer obligatoirement un volet performance énergétique quand des travaux sont décidés. On éviterait ainsi aux maîtres d'ouvrage de commettre un acte irresponsable en n'isolant pas un bâtiment lors d'un ravalement de façade, ce qui n'engendre qu'un faible surcoût… Cette obligation doit évidemment intervenir en bout de course, après avoir informé et encouragé les propriétaires, créé des outils de financement adaptés, simples et efficaces, et fait émerger une offre professionnelle de bon niveau. Il faudrait à terme interdire aux propriétaires-bailleurs de louer des épaves thermiques. Il n'est pas acceptable d'y faire vivre des gens.
Je suis un ardent partisan de ces travaux, mais pas pour les rendre obligatoires ou pour qu'ils soient réalisés de manière isolée. Il existe un gros déficit de maintenance des logements en France, avec des conséquences en matière énergétique, mais aussi de bruit ou de qualité de l'air intérieur. L'enjeu est de créer un mouvement de fond, une culture, une mode en faveur de la rénovation. Pourquoi ne pas en faire une grande cause nationale en 2015 ? Tout le monde a beaucoup travaillé sur l'offre, mais très peu sur la demande. Comme dans ces émissions de TV de plus en plus nombreuses sur l'habitat, il faut aborder la question de manière ludique. Et faire du marketing. Au lieu d'obliger, trouver sur quels ressorts jouer pour amener les propriétaires à engager des travaux. L'obligation se traduirait par une réglementation très difficile à faire appliquer et à contrôler. Cela renforcerait aussi l'amalgame souvent fait entre écologie et taxes.