Il y a eu une loi contre le bisphénol A dans les biberons, puis contre les phtalates. Mais on ne peut faire une loi pour chacun des 870 perturbateurs endocriniens connus ! » L'appel d'André Cicolella, le président de l'association Réseau environnement santé, a été entendu : la Stratégie nationale sur les perturba-teurs endocriniens, issue d'un rapport du député Jean-Louis Roumégas, a recueilli, fin avril, un avis favorable du Conseil national de la transition éco-logique. « Nous nous sommes battus pour une vraie stratégie et nous avons été entendus », se réjouit André Cicolella. Pour réduire l'exposition de la population, quatre axes de travail ont été définis : la recherche pour développer des tests d'évaluation plus rapides, l'expertise d'une quinzaine de substances en trois ans, la réglementation et la substitution des perturbateurs endocriniens, et la formation et l'information des professionnels et du grand public. Dans l'immédiat, Ségolène Royal a annoncé trois mesures. Tout d'abord, le contrôle des jouets importés devra cibler particulièrement les phtalates. Ensuite, la ministre demande à l'Anses de lancer l'expertise de cinq substances suspectées d'être des perturbateurs endocriniens. Enfin, elle a annoncé l'interdiction du bisphénol-A des tickets de caisse et des reçus de carte bancaire à partir du 1er janvier 2015.