Les bonbons suisses Ricola s'offrent le record mondial de la construction en terre crue. Achevée fin juin, après 13 millions d'euros de travaux, leur Maison des plantes, à Laufen, près de Bâle en Suisse, cumule le total inégalé de 3 000 tonnes d'un mélange de marne calcaire, de gravats de démolition et d'argile pour habiller les 3 000 m² de façade. « Les matériaux ont été collectés à seulement 10 kilomètres à la ronde. Parmi eux, l'argile provient de carrières ou de chutes de production de tuileries. Nous avons préfabriqué les blocs dans une halle à ventilation naturelle, car attendre que chacun sèche à l'air libre avant de constituer le suivant aurait généré des délais interminables », souligne Martin Rauch, le dirigeant de Lehm Ton Erde, la société autrichienne qui a conçu et monté la façade. Pas de doute, le bâtiment signé des célèbres architectes bâlois Herzog & de Meuron tient debout ! Et tant pis pour les imperfections esthétiques qui subsistent malgré les patientes retouches à la truelle : le fait est assumé. Plusieurs astuces ralentissent l'érosion, handicap naturel de l'argile. Sa grande qualité : sa propriété régulatrice d'humidité, maintenant dans une fourchette de 45 à 55 % d'hygrométrie le centre de traitement, séchage et stockage des plantes composant les célèbres bonbons. Le bâtiment sera chauffé grâce à la chaleur récupérée du site voisin de production. Il vise le standard suisse Minergie qui suppose, pour les bâtiments industriels, une consommation d'énergie inférieure à 20 kWh/ m2 /an. CR