A raison de six missiles par jour, l’usine pourra démanteler 2 500 tonnes par an. « Nous traiterons avant tout les missiles que nous avons nous-mêmes conçus. Pour les autres se pose une contrainte de confidentialité. Notre premier client, ce sont les services interarmées des munitions de l’armée française », expose Julien Porcher, directeur services clients de MBDA. Ce site pourrait hériter des stocks que des voisins européens ayant ratifié la Convention d’Oslo sur les armes à sous-munitions ont sur les bras. Côté français, le gisement fut longtemps de 36 000 unités à détruire d’ici 2018. Mais un tiers constitué d’obus l’a été en Italie. Reste deux tiers, surtout des roquettes à sous-munitions MLRS, complexes à démanteler.
Fin 2011, MBDA a ravi la vedette au groupement concurrent Nexter-Lacroix, à la faveur d'un appel d'offres conduit par l'Agence Otan de soutien. Et construit dans la foulée ce site Seveso 2 seuil haut en réutilisant des installations existantes. « La facture a été contenue à 12 millions d’euros. Seul bâtiment nouveau, celui dédié au traitement thermique des matériaux ». Les missiles arrivent par camion en provenance des soutes armées de toute la France, notamment du quart nord-est. La charge militaire est envoyée chez l’industriel norvégien Nammo. Propulseur et allumeur sont retirés et l’ensemble enfourné à 600-800 degrés dans un four blindé. L’électronique n’est pas réutilisée mais broyée. « Une équipe d’une vingtaine de spécialistes a été recrutée. La complexité réside dans la maîtrise de la chaîne pyrotechnique. Avec cette installation, nous couvrons le cycle de vie entier des produits proposés aux clients militaires », conclut Julien Porcher.MBLe site de MBDA Systems (en anglais)