La rumeur de son remplacement à la tête d'Areva circulait. C'est finalement pour mener « un combat personnel contre la maladie » que Luc Oursel quitte son poste. Le président du directoire l'a annoncé ce 20 octobre par communiqué. « Dans des circonstances personnelles très difficiles, malgré mon très fort attachement à Areva, j'ai dû me résoudre à ne pas poursuivre mes fonctions à la tête de l'entreprise et à me mettre en arrêt de travail pour raisons thérapeutiques. » Le gouvernement en a été informé. Luc Oursel se dit « heureux et fier » d'avoir engagé ses équipes « dans un contexte difficile dans le redressement de l'entreprise ». Il se tient « à disposition » pour assurer la transition.
Il faut dire qu'Areva traverse des turbulences. La pérennité de son modèle industriel suscite des doutes. Le groupe est handicapé par une dette nette de plus de 4,7 milliards d’euros. Cette dette ne devrait pas se réduire avant 2016. Areva doit donc constamment tailler dans ses investissements et ses actifs pour financer son activité. Un mouvement à contretemps à l'heure où, partout dans le monde, la transition énergétique nécessite un outil industriel moderne et des sources de financement puissantes. Pour la période 2015-2016, Areva prévoit d’investir moins d’un milliard d’euros par an, soit un quart de moins que les sommes engagées en 2013. Dans le même temps, des actifs seront cédés pour un montant supplémentaire de 450 millions d’euros. Depuis 2012, l’industriel français a déjà vendu pour plus de 1,2 milliard d’euros d’actifs. Les activités dans l’éolien offshore ne sont a priori pas concernées par ce plan de cession. La vente de participations minoritaires, dans des mines par exemple, était jusqu'alors privilégiée.
Toutefois, ces mesures d’austérité ne suffiront pas. En attendant de recommencer à autofinancer son activité, Areva a prévu d’émettre une nouvelle dette. Elle est dite « hybride » car considérée comptablement comme des fonds propres. Si son montant n’a pas été précisé, il est estimé à plus de 700 millions d’euros par les analystes de CM-CIC. Cette astuce permet de répondre aux inquiétudes des agences de notation, mais ne fait que repousser le problème. Areva et l’État actionnaire vont devoir se poser la question du maintien en l’état de la structure du groupe, intégré de l’amont (mines…) à l’aval (centrales, retraitement…). Une recapitalisation de près de 2 milliards d’euros est aussi régulièrement évoquée.TB/JDLe communiqué d'Areva