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Apiculteur urbain, un expert sur le toit

LA RÉDACTION, LE 1er NOVEMBRE 2014
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Paradoxe ? Alors que les abeilles se plaisent étonnamment bien en ville, les apiculteurs seraient revêches à y exercer. « Du moins à plein-temps, tempère Yves Védrenne, président du Syndicat national d'apiculture (SNA). Ils interviennent à la rigueur comme tuteurs d'un rucher posé sur le toit d'une entreprise ou d'une collectivité, mais élèvent leurs essaims à la campagne. » S'ils sont rares, c'est qu'y suivre plusieurs ruchers pose des problèmes de déplacement, de stationnement et autres joies urbaines auxquels l'apiculteur souvent bardé d'un minimum de matériel est allergique. Pourtant, la demande est là, exponentielle, qu'une profession frappée par des difficultés ne peut se permettre de bouder. Avec 500 ruches, soit une vingtaine de millions d'abeilles qui butinent dans ses villes, l'Île-de-France pèse lourd dans la balance. Apiterra, qui en exploite 300 à Paris, rafle les contrats et envoie ses apiculteurs au contact du personnel des entreprises ou des collectivités, ce qui exige de la réactivité et un sens poussé de l'animation et de la pédagogie. « L'intérêt n'est pas tant de produire du miel, d'ailleurs excellent en ville, que de sensibiliser à la biodiversité, sans pour autant radicaliser son discours et le réduire à une plaidoirie antiphyto », conseille Ronan de Kervénoaël, apiculteur chez Apiterra. Premières qualités donc, savoir s'adapter au contexte, travailler avec les services techniques gérant le toit de l'immeuble et le comité d'hygiène et de sécurité de l'entreprise, respecter les normes en vigueur (choix de l'emplacement, distance avec le voisinage), et profiter des périodes sans intervention (les ruches sont visitées moins d'une fois par mois) pour animer des clubs de salariés apicoles souvent créés dans l'entreprise. « Nombre d'apiculteurs abandonnent vite le métier, car il est exigeant, prévient David Devergne, qui gère 180 ruches à Angers et Cholet. En zone urbaine, les abeilles aiment les friches et terrains calmes, par exemple d'anciennes voies ferrées ou les abords de station d'épuration. Il faut veiller à sélectionner des souches adaptées, renouveler les reines, diversifier son activité par de la vente directe, des stages et aimer partager sa passion même lorsqu'on travaille seul. » Ou bien de père en fils, comme Christian et Sébastien Giraudet qui, en Charente-Maritime, viennent d'ajouter une seconde corde à leur arc avec du maraîchage bio. Le rucher qu'ils gèrent à La Rochelle est situé sur un terrain clos, arboré, destiné à évaluer la vitalité de colonies en zone urbaine. « Quand il est sur un toit, un local à proximité qui reste fermé est nécessaire pour ne pas attirer les abeilles et pour y extraire le miel en toute tranquillité », relate pour finir Hugues de La Grandière, chez Apiterra. l


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