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Comment modérer l'appétit d'internet

LA RÉDACTION, LE 1er DÉCEMBRE 2014
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Toute l'information de cette rubrique est dans : Environnement Magazine
Vous pensiez être écolo en lisant votre journal sur votre ordinateur plutôt que sur papier ? Pas sûr que vous ayez raison ! Selon une étude de Green Code Lab1 soutenue par l'Ademe, la consommation d'énergie des internautes est cent fois plus importante que celle des serveurs, pourtant largement plus médiatisée. Et surtout, cette consommation varie énor mément selon le site que vous regardez. Reste une bonne nouvelle : les pistes d'amélioration existent, du côté des concepteurs de sites, pour diminuer la consommation lors de la consultation. Dès 2011, l'Ademe avait montré que l'essentiel des impacts environnementaux liés à une page web était lié au temps que l'internaute passait face à son ordinateur. L'objectif de l'étude de Green Code Lab, baptisée Web Energy Archive (WEA), était de mesurer la consommation d'énergie des sites web côté clients, en situation réelle d'utilisation des sites. Cette étude a été menée avec le plus grand nombre de sites possibles, pour être représentative de l'activité du web. « Il existe deux moyens d'agir sur la consommation des ordinateurs : optimiser la conception des processeurs (ce qui est du ressort des fabricants de composants et des constructeurs), mais aussi améliorer les programmes que l'on fait tourner sur ces processeurs. C'est l'objet de l'étude de Green Code Lab », explique Alain Anglade, ingénieur expert à l'Ademe. L'étude montre que chaque page vue sur internet consomme en moyenne 60 mWh, mais il existe de grandes disparités. Certains sites ont de très mauvaises performances énergétiques. « Plus un site doit télécharger des données (vidéos, programmes, images…), moins il est performant énergétiquement, expose Olivier Philippot, directeur de Green Code Lab. Ainsi, les sites comme LeBonCoin.fr ou Google, très simples, affichent une faible consommation, tandis que les sites d'information comme celui du journal Le Monde créent une grosse dépense énergétique chez l'utilisateur, à cause du nombre de photos, des bannières de publicité, des relais de stockage de leurs informations… » Or, ces sites ont une forte audience, donc leurs mauvaises performances rejaillissent sur la consommation totale d'énergie par les internautes. Les 100 sites les plus consultés en France engendrent ainsi une consommation d'énergie de 68 GWh (incluant la consommation créée par les requêtes sur internet, mais aussi l'énergie dépensée par l'ordinateur). Les utilisateurs ont peu de moyens d'agir, hormis le fait d'ouvrir peu d'onglets simultanément ou d'accéder au web avec les smartphones. Les développeurs de sites, eux, ont des marges de progression importantes. « Les pratiques de codage, les formats de fichiers graphiques ou d'animation jouent un rôle prépondérant, précise Alain Anglade. Certains formats, comme Flash, sont à éviter, car très consommateurs d'énergie. » Les langages compilés (faciles d'utilisation, contrairement aux langages machine) créent de nombreuses étapes informatiques et consomment jusqu'à vingt fois plus que leurs homo logues en langage machine. De même, certaines polices de caractère doivent être téléchargées à chaque utilisation, multipliant ainsi les consommations énergétiques. Enfin, parmi les navigateurs, Google Chrome consomme plus qu'Internet Explorer ou Firefox. « En choisissant les logiciels les plus optimisés, en réduisant la définition des photos et en évitant de rafraîchir les pages trop souvent, il est ainsi possible de réduire de 30 à 40 % la consommation des sites web », souligne Olivier Philippot. Bizarrement, les éditeurs de systèmes d'exploitation comme Microsoft n'étaient pas intéressés par ces recherches… jusqu'à ce qu'ils s'aperçoivent que le développement des offres de cloud (où les données de l'utilisateur sont stockées chez Microsoft et autres) a des répercussions sur leurs propres centres de données. Du côté des téléphones portables existe dès le départ une volonté d'optimiser la consommation énergétique, afin que les utilisateurs n'aient pas à les recharger trop souvent. « Mais l'utilisation de frameworks, des kits permettant de créer très simplement des applications, a fait perdre la connaissance des arcanes des logiciels, et grimper les consommations », indique Alain Anglade. Or, les trois quarts des applications sur smartphones se connectent à internet. Là encore, il y a de quoi optimiser ! l


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