Son poste est inédit en collectivité. Au conseil général des Yvelines, Thomas Litzler est chargé de mission stratégies foncières pour la biodiversité. Son employeur, jugeant trop souvent les mesures compensatoires écologiques « insuffisantes, non anticipées, mises en œuvre sans suivi de la durée », le mobilise en priorité sur cet enjeu. « C'est passionnant, témoigne-t-il. Dans le cadre de l'expérimentation du ministère de l'Écologie sur la compensation par l'offre, à laquelle nous avons participé aux côtés de CDC Biodiversité, Dervenn et EDF, nous avons créé un service clés en main pour les porteurs de projets publics et privés qui devront compenser les impacts de leur aménagement. » Le département offre en amont du projet un accompagnement sur le plan réglementaire et foncier s'ils ne parviennent ni à éviter, ni à réduire leurs impacts.
Avec l'appui de la Safer Île-de-France, de l'Agence des espaces verts et du Muséum national d'histoire naturelle, cinq sites potentiels de compensation ont été repérés le long de la vallée de la Seine yvelinoise. « Soit, en tout, une centaine d'hectares, précise-t-il. Pas des terres agricoles, mais des sites dégradés à forte potentialité écologique, des friches, boisements, habitats à ouvrir et régénérer. Avant cela, les sécuriser nécessite une concertation locale. » Aux aménageurs devant compenser leurs impacts, dans une logique complexe de gains et de ratios à appliquer, les Yvelines épargneront donc quelques suées froides. Pour rembourser leur dette écologique, ils n'auront plus qu'à acheter des « unités de compensation » correspondant aux surfaces gérées, restaurées sur l'un de ces cinq sites.