La fronde s'amplifie contre la centrale Gardanne d'E.ON dont la tranche 4 doit passer du charbon à la biomasse. Tardivement certes, puisque les travaux se terminent pour une mise en service prévue début 2016. Les parcs naturels régionaux du Luberon et du Verdon et les communautés de communes Pays de Forcalquier-Montagne de Lure et Pays de Banon ont déposé, le 25 mars, un recours contre l'arrêté d'exploitation. « Nous avons été alertés par le collectif SOS Forêt du Sud. Il a également déposé un recours pour irrégularités dans l'enquête publique, qui n'a concerné que les communes de Gardanne, Fuveau et Aix-en-Provence, et l'impact sur la santé des riverains », explique Aline Salvaudon, chargée de mission espaces naturels au parc du Luberon. Les collectivités redoutent des conflits d'usage et une déstabilisation de la filière d'approvisionnement à l'échelle de dix ans.
Le plan d'approvisionnement en bois a bien été revu à la baisse : sur les 800 000 tonnes nécessaires, la part locale est successivement passée de 445 000 à 168 000 tonnes la première année, pour atteindre les 445 000 tonnes au bout de dix ans, le reste devant être importé. « Mais même à 168 000 tonnes, avec la centrale Innova de Brignoles qui consommera déjà plus de 140 000 tonnes, ce ne sera pas soutenable, selon l'étude de ressources menée en 2009 », argumente la chargée de mission qui regrette que l'appel à projets de 2014 de la CRE ait encore validé des dossiers. « Nous avons lancé l'AMI Dynamic bois pour travailler en amont sur le développement de la filière qui approvisionnera les chaudières accompagnées par le Fonds chaleur », tente de rassurer Thierry Laffon, délégué régional de l'Ademe. Or, la centrale d'E.On ne profite pas de ce financement, puisque c'est un tarif d'achat d'électricité qui a été négocié. MLL