Les ports anticipent-ils mieux leurs impacts sur la faune, la flore et les habitats ? Assument-ils mieux leurs obligations ? A Dunkerque, des progrès sont incontestablement au rendez-vous : une mosaïque de mares, boisements et prairies y ont été créés il y a deux ans, dans le cadre de mesures d'accompagnement liées à la création d'une infrastructure ferroviaire (le fret s'est beaucoup développé dans ce port). Dans son sillage, le projet de terminal méthanier a entraîné d'autres aménagements. Parmi ceux proposés dans le cadre des mesures compensatoires de ce projet, dont la mise en service est attendue pour la fin de l’année, figurent celui dit des « bassins salés », officiellement présentés le 24 septembre dernier.
Des lagunes pour la halte migratoire
Ces bassins représentent près de sept hectares de lieux de vie pour des oiseaux d'eau littoraux ou de vase, dits limicoles (petits échassiers). Dans son mémoire en réponse à l'avis de l'Autorité environnementale, le port explique qu'il a s’agi notamment de « compenser la perte de ressource alimentaire pour ces limicoles (estran de l’Avant-Port Ouest) et la perte des milieux propices aux plantes halophiles ». Les bassins salés créés à des fins de compensation sont donc des plans d’eau « propices au repos des migrateurs (halte migratoire), à l'hivernage, à la reproduction des limicoles et à l'accueil d'une flore halophile diversifiée ». Les deux bassins aménagés l'ont été le long du canal des dunes. Ils sont alimentés depuis ce canal par un système de pompes « permettant la régulation du niveau d'eau salaée suivant un cycle défini par des écologues », met en avant le port.MB