Sur les 700 000 à 800 000 véhicules neufs achetés ou loués chaque année par des entreprises, la majorité roulent au gazole. Arval, filiale de BNP Paribas, qui occupe un poste d'observation privilégié en tant que premier loueur longue durée en France, avec près de 300 000 véhicules en gestion à la fin 2015, estime que les modèles essence ne représentent que 3 à 4 % du parc qu'il loue aux entreprises. En revanche, l'essence séduit plus les collectivités : Arval leur loue 18 % de modèles essence.
Outre l'argument des distances parcourues – le gazole est privilégié par les gestionnaires de flottes qui observent que leurs employés roulent loin et beaucoup – la raison de ce déséquilibre est connue et essentiellement de nature fiscale. La TVA sur le Diesel est en effet déductible à 80 % pour les parcs d'entreprise. L'alignement de la TVA sur l’essence sur ce niveau a donc un temps été envisagé. Bercy a étudié cette piste. Des amendements ont ensuite été déposés par des députés écologistes lors de la discussion en décembre dernier du budget (PLFR 2015) à l’Assemblée Nationale.
La mesure était d'ailleurs soutenue par les professionnels et gestionnaires de flottes, partisans d'une diversification de leur parc de véhicules. Mais le Sénat est passé derrière et a enterré l'idée d'aligner la fiscalité des deux carburants. Et ce malgré la progressivité qui avait été introduite dans son application. La déductibilité de la TVA sur l'essence au sein des entreprises ne figure plus dans dans le texte et ne sera donc pas déployée en 2016. MBLa loi de finances rectificative pour 2015