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Mathilde Massias, adjointe au directeur territorial Auvergne-Rhône-Alpes de l’ONF

Mathilde Massias, adjointe au directeur territorial Auvergne-Rhône-Alpes de l’ONF
Par Propos recueillis par Eva Gomez, le 5 juin 2020.
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Alors que débute la deuxième phase du déconfinement, les entreprises et acteurs de l’environnement organisent la reprise de leurs activités. Environnement-magazine.fr propose aux professionnels de partager leur organisation, des réflexions sur l’impact du confinement et leur vision de l’après-crise. Aujourd’hui, nous donnons la parole à Mathilde Massias, adjointe au directeur territorial Auvergne-Rhône-Alpes de l’ONF et directrice de l’agence études Auvergne-Rhône-Alpes.

Comment le déconfinement s’organise-t-il à l’ONF ?
 
Nous avons assuré une continuité d’activité pendant le confinement, même si l’ensemble de nos sites administratifs ont été fermés. Une grande partie de nos collaborateurs ont pu télétravailler et les activités individuelles sur le terrain – inventaires, diagnostics – ont été maintenues, dans la mesure où elles ne présentaient pas de risques. Les activités collectives ont quant à elles été suspendues le temps de fournir aux équipes tous les équipements de protection nécessaires et de construire des protocoles de sécurité. Ces activités ont pu reprendre progressivement à partir du 14 avril.
 
Depuis mi mai, la transition se fait en douceur, de manière très progressive et avec la sécurité comme priorité absolue. Le retour dans les bureaux se fait progressivement et correspond à un besoin des équipes, qui ont envie de sortir de l’isolement et de retrouver de la cohésion et de la convivialité ainsi qu’un siège ergonomique, un grand écran, l’accès à certains documents et du calme. Tout le monde a été équipé d’un kit sanitaire (masques, gels), les locaux ont été nettoyés et réaménagés, dans le respect des mesures barrières.
 
L’accès aux locaux est restreint, avec un mécanisme de rotation permettant la présence d’une fraction des équipes à la fois. En fonction de l’évolution des consignes et de la situation sanitaire, et des conclusions que nous pourrons tirer de cette première étape, nous nous adapterons.
 
Quelles leçons pouvez-vous tirer du confinement concernant l’organisation du travail et de l’ONF ?
 
Nous tirons des leçons positives et un vrai satisfecit pour l’ensemble du personnel : une grande partie de notre activité est constituée de missions de service public ou d’interêt général et il était important de continuer à les assurer. Cela témoigne de deux choses : Tout d’abord, l’organisation de l’ONF est bien structurée, chacun connait sa place et sait ce qu’il a à faire de manière autonome. Nous sommes déjà habitués à composer avec la distance du fait de notre maillage national, et personne n’a eu le sentiment d’être jeté dans le grand bain avec le confinement. Ensuite, cela témoigne d’une force humaine. Tout ceci n’a été possible qu’au prix d’une réactivité et d’une implication exemplaire des équipes. Tout le monde était à pied d’œuvre dès l’annonce du confinement pour assurer la continuité d’ activité, avec une mention spéciale pour les services informatiques et santé sécurité au travail qui ont beaucoup travaillé afin que la logistique suive. Et chacun a témoigné d’une solidarité exceptionnelle avec des réunions d’équipes régulières et une vigilance visant à prendre des nouvelles les uns des autres et à décharger les collègues les plus éprouvés.
 
Enfin, ce confinement a mis en relief que le contact humain manque, même si le télétravail se passe bien et en toute efficacité. Et puis nous sommes des forestiers, nous aimons le terrain, qui nous a aussi beaucoup manqué pendant cette période.
 
Quels seront, selon vous, les impacts de la pandémie sur l’ONF et plus largement, sur la gestion forestière et les forêts ?
 
Comme beaucoup d’organismes, l’ONF est affecté par cette pandémie, en tout premier lieu car certains de nos collègues ont été touchés par cette maladie, directement ou à travers leurs proches, et aussi évidemment car la crise a entrainé une baisse de notre activité. De manière plus large, cette crise a causé une prise de conscience aigüe qui concerne la filière forestière, que ce soit au niveau de l’urgence logistique, car la filière foret bois a été identifié dès le début du confinement comme un maillon essentiel de la chaine logistique et sanitaire, au niveau du manque créé chez les Français par la fermeture des forêts au public ou encore au niveau des enjeux de prévention de futures crises majeures, environnementales et climatiques.
 
Les 3 principales missions de l’ONF sont la production de bois, l’accueil du public en forêt et la préservation de l’environnement et des ressources. Ces trois missions se sont retrouvées au cœur de la prise de conscience, ce qui rappelle l’enjeu prioritaire de notre action.
 
Qu’aviez-vous hâte de refaire après ce long confinement ?
 
Revoir mes proches, mais aussi mes collègues et mon équipe. Le contact humain me manque beaucoup, les moments de convivialité, la spontanéité, les moments informels au sein des bureaux. Evidemment j’ai hâte aussi de pouvoir aller me ressourcer en forêt.
 
 Selon-vous, à quoi ressemblera l’après Covid-19 ?
 
Je pense qu’il va y avoir deux priorités. D’une part la relance de l’activité économique pour éviter une crise majeure avec des impacts très négatifs sur les populations. Cela va devoir s’accompagner d’une vraie réflexion sur la maîtrise de l’approvisionnement et la production locale.
 D’autre part, l’accélération de la prise de conscience des enjeux environnementaux et climatiques.

On a tendance à opposer ces deux objectifs lorsqu’on parle de l’après-Covid alors qu’à l’ONF, c’est le sens premier de nos métiers de concilier ces grands enjeux à travers ce qu’on appelle la multi fonctionnalité forestière. Nous créons des emplois locaux et durables, autour d’un matériau vertueux et sobre en carbone et en optimisant le puits de carbone forestier. En faisant tout cela, nous contribuons aussi à protéger les espaces naturels, la biodiversité et à fournir un service d’accueil pour le public. Je ne suis pas devin mais ma conviction c’est qu’il est possible de concilier relance économique et protection de l’environnement et la filière bois et notre travail à l’ONF en est l’exemple. J’espère que ce modèle pourra être étendu à d’autres filières.
Crédit photo : Philippe Barbosa / ONF
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