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[Tribune] IFAW, le Fonds international pour la protection des animaux

[Tribune] IFAW, le Fonds international pour la protection des animaux
Melissa Liszewski, responsable principale de programme "Engagement des communautés IFAW". Crédits : DR
Par Melissa Liszewski, le 18 mars 2021.
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"Souvenons-nous que nous ne sommes pas les seuls à mériter les forêts", a déclaré Melissa Liszewski, responsable principale de programme Engagement des communautés IFAW. Elle revient sur la déforestation et les conséquences environnementales et sociétales qu’elle engendre. 

Alors que nous continuons à chercher du réconfort dans les parcs, les bois et les forêts pendant la pandémie, souvenons-nous que nous ne sommes pas les seuls à mériter ces espaces. Gazouillis d’oiseaux. Bruissement de feuilles. Le chant de l’eau d’un ruisseau qui file. Les rayons de soleil qui traversent les arbres, dont certains ont plus de 100 ans et ont survécu aux guerres mondiales, aux effets du changement climatique et au retour progressif de créatures d’une importance capitale comme les lynx et les loups. La forêt à côté de ma maison en Haute-Autriche est mon havre de paix.

Comme beaucoup d’autres dans le monde, la forêt et l’espace naturel qui m’entourent ont offert un ancrage paisible en ces temps profondément troublés. Mais que se passerait-il si, un jour, ces forêts disparaissaient toutes ou subissaient des dommages irréparables, de sorte que nous ne pourrions plus jamais en profiter de notre vivant ? Pour d’innombrables communautés dans le monde, c’est devenu leur réalité. On estime à 1,6 milliard le nombre de personnes dans le monde qui vivent à moins de 5 km d’une forêt  et chaque année, des hectares et des hectares de forêt précieuse sont défrichés dans des endroits que les populations locales, leurs ancêtres et la faune et la flore locales uniques ont toujours considérés comme leur foyer.

En effet, la Situation des forêts du monde 2020, un rapport publié par l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a révélé que notre planète a perdu environ 420 millions d’hectares de forêt au profit d’autres usages depuis 1990. Bien que le taux mondial annuel de déforestation ait diminué au cours des cinq dernières années, on estime toujours que nous perdons environ 30 terrains de football par minute, soit environ 40 000 par jour.

Ces chiffres représentent une perte de biodiversité stupéfiante qui aura un impact non seulement sur notre monde naturel et les animaux qui y vivent, mais aussi sur le bien-être des humains pour les générations à venir. La pandémie de Covid-19 nous rend plus conscients que jamais de l’impact dévastateur que l’exploitation des animaux et de la nature peut avoir sur la santé humaine, et pourtant nous voyons encore des rapports inquiétants sur l’augmentation de la déforestation dans le monde entier lors des confinements de l’année dernière.  Nous devons arrêter ce cercle vicieux.

Pour la Journée mondiale de la vie sauvage, le thème choisi était Forêts et modes de subsistance : pour la survie des hommes et de la planète. Les forêts abritent 80 % de la faune terrestre et sont essentielles à la stabilisation de notre climat. Elles ont une immense valeur socioculturelle pour les communautés du monde entier et une valeur économique estimée jusqu’au double de celle des marchés boursiers mondiaux.  C’est aujourd’hui que nous devons nous rappeler, ainsi qu’à nos dirigeants, que des mesures drastiques doivent être prises, et rapidement, pour inverser ces pertes dues en grande partie à l’expansion agricole, au changement climatique, à l’extraction du bois et au développement des infrastructures.

"Donner la priorité aux solutions qui fonctionnent"

Plus d’un tiers des espèces d’arbres mondiales figurent déjà sur la Liste rouge des espèces menacées de l’UICN et plus de 90 % des personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans le monde dépendent de forêts saines pour leurs stratégies de subsistance. Nous nous devons de donner la priorité aux solutions qui fonctionnent à la fois pour l’homme et pour la nature. Lorsque les communautés perdent des forêts, elles ne perdent pas seulement des ressources nutritionnelles et médicinales vitales, ou des avantages environnementaux nécessaires pour assurer un revenu à leurs familles, comme l’eau propre, l’air pur et un sol fertile. Elles risquent également de perdre pour toujours des siècles d’héritage culturel et de savoir traditionnel. Alors pourquoi ne pas faire confiance à ceux qui connaissent la terre et en dépendent plus que quiconque et leur donner les moyens de faire les meilleurs choix possibles pour la durabilité à long terme des écosystèmes forestiers ?

Au Népal, on a constaté une diminution des taux de pauvreté et de déforestation lorsque les communautés locales ont reçu le droit et la responsabilité de s’occuper de leurs propres forêts. Dans les faits, les données recueillies sur plus de 18 000 sites ont révélé une réduction de 37 % des taux de déforestation lorsque la gestion des forêts était décentralisée. De nombreuses autres études réalisées dans le monde entier ces dernières années ont confirmé que, lorsqu’on leur en donne l’occasion, la majorité des communautés locales protègent leurs forêts plutôt que de les détruire. On estime en effet que les populations autochtones et les communautés locales investissent dans la conservation entre 16 et 23 % des sommes dépensées par les gouvernements, les donateurs, les fondations et les ONG réunis, alors qu’elles constituent une part importante des populations pauvres du monde.

Une étude de la Rights and Resources Initiative a confirmé que les populations autochtones, les communautés locales et les personnes d’origine africaine exercent leurs droits traditionnels sur au moins la moitié de la masse terrestre mondiale, en dehors de l’Antarctique.  Cependant, la référence à la protection des droits des peuples autochtones a été supprimée de l’Accord de Paris lors des négociations il y a cinq ans et  ces peuples n’ont des droits légaux que sur une fraction des forêts du monde.

Nous devons saisir toutes les occasions pour exiger davantage de nos dirigeants mondiaux afin de garantir que les détenteurs de droits autochtones et les communautés locales puissent faire valoir leurs droits à gérer leurs ressources naturelles. Pour l’avenir de notre planète, des animaux et de l’humanité. Pas seulement parce que cela nous sera profitable à tous, mais surtout parce que c’est la bonne chose à faire.

"Il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire nous-mêmes"

Même si ce changement va prendre du temps, comme beaucoup d’autres stratégies de lutte contre la déforestation, tout espoir n’est pas perdu. Il y a beaucoup de choses que nous pouvons faire nous-mêmes en attendant, tout en continuant à inciter nos dirigeants et nos industries à mieux faire. Par exemple, lorsqu’il s’agit de transformer les modes de production et de consommation, notamment en ce qui concerne notre système alimentaire mondial qui est responsable d’environ 60 % de la perte de biodiversité.

En tant qu’individus, nous pouvons commencer à jouer un rôle immédiat dans la transition vers un système alimentaire plus respectueux des forêts en achetant des produits certifiés par des programmes tiers crédibles, en réduisant le gaspillage alimentaire, ou simplement en prenant le temps d’en apprendre davantage sur les méthodes de production de nos aliments préférés afin de s’assurer que leur impact social et environnemental est en accord avec nos valeurs.

Exiger que les pratiques agricoles passent de méthodes extractives linéaires à une production locale circulaire sur des marchés locaux. Ou peut-être commencer par examiner de plus près les produits que nous achetons et les marques que nous soutenons en ce qui concerne le café, le cacao, les produits d’origine animale et les produits à base d’huile de palme. Ces derniers représentent environ la moitié des produits conditionnés dans les rayons des supermarchés et sont responsables d’un cinquième de la déforestation à Bornéo.  En Australie, IFAW travaille également avec notre partenaire sur le terrain, Bangalow Koalas, et des centaines de bénévoles pour restaurer des « corridors de faune sauvage » vitaux suite à leur destruction. En plantant des milliers d’eucalyptus, nous assurons aux koalas un passage sûr entre les écosystèmes et les protégeons pour les générations futures.

Alors que nous sommes si nombreux à nous aventurer maintenant dans nos refuges de plein air et dans les forêts pour trouver du réconfort après une autre semaine de frontières floues entre le travail et la maison, de nouvelles inquiétantes concernant les nouveaux variants du Covid et le lancement mondial de la vaccination, ne prenons pas cette précieuse ressource pour acquise et, surtout, n’oublions pas que nous ne sommes pas les seuls à mériter cette chance de nous épanouir aux côtés de la nature.

Nous devons nous demander comment nous voulons que les générations futures réagissent vis-à-vis de la façon dont nous avons traité nos forêts, les animaux et les communautés qui y vivent. Nous devons nous demander comment nous voulons que les générations futures réagissent vis-à-vis de la façon dont nous nous sommes comportés les uns envers les autres.
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