Certes, la catastrophe de Fukushima a accéléré les discussions. Mais si EDF a posé une offre d'achat sur sa filiale EDF Énergies nouvelles, c'est surtout pour des considérations financières et stratégiques. Après une phase de croissance effrénée, le secteur des énergies renouvelables est entré dans une course à la taille. D'abord à cause de la difficulté à trouver des financements depuis la crise économique. Ensuite, parce que les projets sont de plus en plus chers et concurrentiels. Le marché des ENR « aborde une nouvelle phase de son développement caractérisée par l'augmentation de la taille unitaire et de la complexité des projets, ainsi que l'émergence de grands acteurs globaux », justifie par communiqué EDF. Indépendant, EDF EN aurait certainement eu plus de mal à financer son programme d'investissements, à pleinement se lancer dans l'éolien offshore, par exemple. Plusieurs analystes financiers estiment que la société aurait été contrainte de lancer, d'ici à 2013, une nouvelle augmentation de capital après les 500 millions d'euros levés en septembre 2008. Pas sûr que, cette fois, les actionnaires aient accepté de mobiliser de nouveaux fonds. Avec une hausse de 12 % depuis deux ans, le parcours de l'action s'avère, en effet, assez décevant. En rentrant entièrement dans le giron d'EDF, qui détient déjà 50 % des parts, elle pourra s'appuyer sur les moyens financiers de sa maison-mère. L'opération reste soumise à l'autorisation des autorités et EDF s'attend à une finalisation à la mi-2011. Mais pour le groupe français, le montant de 1,5 milliard d'euros mobilisé est relativement neutre. Alors que ses projets en Italie via Edison sont contrariés et qu'il vient de sortir du marché allemand, l'électricien pourra avec EDF EN modifier son « mix de génération » d'électricité, explique le cabinet Oddo. Des synergies de R & D sont envisageables. Et comme le rappelle un analyste, la CSPE, taxe qui finance notamment le développement des énergies renouvelables en France, pèse sur les résultats d'EDF à court terme avec une créance de 2,8 milliards d'euros à la fin 2010. Alors autant bénéficier de l'effet positif des ENR, via les résultats d'EDF EN.