Comment industrialiser la transformation de bois en gaz naturel ? En travaillant sur l'ensemble de la chaîne, depuis le gisement jusqu'à l'injection dans le réseau, répondent les membres du projet Gaya. Coordonné par GDF Suez, soutenu par l'Ademe, il rassemble onze partenaires pour un budget de 47 millions d'euros. Il comportera une plateforme pilote (0,5 MW) destinée à améliorer chaque étape de la chaîne, à partir de différents types de biomasse. « Nous visons des installations de taille moyenne, de 40 MW environ, pour limiter le transport de la biomasse et valoriser plus facilement la chaleur résiduelle », explique Marc Perrin, responsable chez GDF Suez du programme de R & D où s'insère le projet Gaya. Deux ans seront nécessaires pour concevoir et réaliser la plateforme, à Saint-Fons près de Lyon. Les essais dureront cinq ans. La technologie de gazéification (décomposition de la biomasse pour former du gaz de synthèse, composé principalement de monoxyde de carbone et d'hydrogène) est celle utilisée industriellement (7 000 heures/an) depuis 2004 par la ville de Güssing en Autriche pour la cogénération à partir de biomasse. Pour l'épuration du gaz de synthèse, en revanche, plusieurs technologies vont être testées : lavage à l'eau et/ou au biodiesel, charbon actif, oxydes de zinc. Différents catalyseurs seront expérimentés pour la transformation du gaz de synthèse en méthane (méthanation). Enfin, le méthane obtenu sera purifié, si nécessaire, pour répondre aux spécifications réglementaires. Le consortium vise une efficacité énergétique globale de 70 à 80 %, avec la valorisation de la chaleur.