Spécialiste de l'étude des risques liés aux substances chimiques, l'Ineris travaille au développement de méthodes alternatives à l'expérimentation animale. L'institut vient de finaliser un modèle numérique pour étudier les risques liés à un hydrocarbure polycyclique aromatique (HAP). Il permet d'étudier l'impact de ces molécules sur le vivant sans utiliser d'animaux d'expérimentation. L'Ineris a utilisé le benzo(a)pyrène (BaP), une molécule cancérigène. Les données ont été obtenues via l'étude de l'expression de plusieurs gènes dans des macrophages (cellules du système immunitaire) pulmonaires de rats. Le modèle développé, dit PBPK, a servi à mettre en relation les données obtenues in vitro sur des cellules et celles obtenues in vivo sur ces macrophages. Résultat ? Il apparaît que le BaP s'accumule dans les graisses et le foie, et surtout dans les poumons. « Cela indique que les modèles actuellement utilisés sous-estiment largement la concentration dans les foies et les poumons. Les modèles existants ne prennent pas en compte l'exposition par inhalation », explique Alexandre Pery, responsable de l'unité Modèles pour l'écotoxicologie et la toxicologie. Autre résultat : les gènes étudiés sont de bons marqueurs d'exposition au BaP. L'Ineris étudie aujourd'hui s'ils peuvent être pertinents pour des mélanges de HAP.