Le projet Pivert, qui vise à produire des produits chimiques à haute valeur ajoutée à partir d'huiles végétales, vient d'être retenu dans le cadre des « investissements d'avenir » dédiés aux Instituts d'excellence dans le domaine des énergies décarbonées (IEED). « Jusqu'à présent, il existait beaucoup de travaux sur les bioraffineries à base de glucides, mais pratiquement rien sur celles issues de lipides », indique Michel Boucly, directeur général adjoint chez Sofiproteol, le porteur du projet. « Or, en France, nous avons beaucoup de colza, que nous pouvons valoriser pour fabriquer des biolubrifiants, des biosolvants, des plastiques, etc. ». Le but est d'utiliser toutes les parties de la plante : cellulose, lipides et protéines. Pivert sera une plate-forme de R & D rassemblant plus de vingt partenaires publics et privés, notamment l'université technologique de Compiègne. Elle comportera aussi bien des réacteurs chimiques que des fermenteurs, pour traiter la matière première par la chimie et la biologie. « L'objectif de Pivert est de réaliser une R & D « précompétitive », avec réalisation de pilotes », précise Michel Boucly. « Puis les industriels effectueront leurs démonstrateurs industriels sur leurs propres sites. » Ce projet est doté d'un budget de 220 millions d'euros sur dix ans, financé à un tiers par l'État, un tiers par les industriels et un tiers par les laboratoires de recherche publics.