Quels freins retardent l'essor du covoiturage ?
Green Monkeys s'est concentré sur la grande masse des trajets : les allers-retours quotidiens du domicile au travail. Avec le covoiturage classique, nous avons identifié une série d'inconvénients. D'abord un manque de souplesse : comment trouver un partenaire dont les horaires coïncident aux vôtres, tous les jours, tout au long de l'année ? Ensuite, un problème de fiabilité : que se passe-t-il si votre partenaire prend subitement un jour de congé ? Voire de sécurité, avec le risque de monter en voiture avec un inconnu. Vient enfin l'inconfort des discussions sur le partage des frais.
Comment Green Monkeys a-t-il surmonté ces obstacles ?
Notre action commerciale passe par les entreprises. Green Monkeys veut travailler par bassins d'emplois, en commençant avec une société, puis en nous développant sur son territoire. Nous avons commencé en avril avec le canton de Genève. Chaque jour, 100 000 transfrontaliers traversent la frontière pour se rendre à leur travail. Nos premiers clients sont l'hôpital de la ville et l'État suisse, qui réunissent 27 000 personnes sur une poignée de sites. Chaque usager donne ses horaires, qui peuvent sans problème varier d'une semaine à l'autre. Green Monkeys crée ainsi une communauté. Notre logiciel gère séparément chaque trajet et s'occupe de faire correspondre les besoins. Nous allons jusqu'à offrir le taxi si quelqu'un se retrouve sans voiture. Nous gérons aussi les transactions financières. Un passager paiera 18 centimes par kilomètre au conducteur, quelle que soit la voiture. Le prix sera réduit s'il y a un second passager.
Comment convaincre les entreprises d'adhérer ?
Des législations apparaissent pour calculer les émissions de gaz à effet dans les plans de déplacements d'entreprises. Green Monkeys offre la possibilité de cartographier - anonymement ! - les lieux d'habitations des employés. Avec la possibilité de calculer précisément la distance et les émissions évitées grâce au covoiturage. Il est même possible de personnaliser les gains pour l'usager. Pour l'entreprise, le prix de la licence dépend du nombre de sites et d'employés. Il va varier de 15 000 euros - pour une grande société de 20 000 employés - à 2 500 euros. En France, nous travaillons sur plusieurs zones dans le Sud : Marseille, Aix, Nice, Sophia-Antipolis, Monaco. La première zone sera officialisée fin juin. L'idée est de préparer le terrain pendant trois mois, puis de lancer concrètement le service à la rentrée.