Sur quel constat la solution d'autopartage lancée par Epamarne est-elle fondée ?
Notre mission d'aménageur du territoire fait de nous un laboratoire au service de l'intérêt général. Nous lançons des projets expérimentaux et accompagnons des acteurs privés qui n'auraient pas les moyens de les mener seuls. Le territoire de Marne-la-Vallée est en pleine extension, mais il n'est pas encore entièrement structuré. La création de lignes de transport en commun demande du temps. Elle se fait nettement après l'urbanisation. Parmi les lignes existantes, certaines offrent de bonnes fréquences en heures de pointe, mais pas en heures creuses. Donc des parties du territoire sont mal irriguées. D'où l'idée de lancer un système d'autopartage. Epamarne-Epafrance amorce le mouvement en interne, avec ses 130 salariés. Mais l'objectif est ensuite de créer un effet « boule de neige ». L'autopartage n'est qu'une première brique, avant de créer des plateformes de mobilité douce sur le territoire.
À quoi ressembleront ces futures plateformes de mobilité ?
Pour son service d'autopartage, Epamarne s'est associé à l'opérateur Mopeasy. Nous disposons désormais de trois voitures électriques. Ce sont des Peugeot Ion. Ce modèle est le premier disponible à respecter nos exigences techniques : autonomie de 250 kilomètres, vitesse de pointe à 130 km/h... Epamarne les met à disposition de ses employés pour leurs déplacements professionnels. Les réservations se font par une plateforme web et sont gérées par Mopeasy, tout comme l'entretien des véhicules. Toutefois, l'objectif est de mutualiser ce service avec d'autres acteurs du territoire, publics et privés. Nestlé s'est déjà montré intéressé. Avec ses 1 500 employés sur place, le dispositif changerait véritablement d'échelle. En parallèle, nous voulons déployer des bornes de recharge sur l'espace public. Et à terme, mettre en réseau les plateformes de mobilité. Nous ne voulons surtout pas considérer les parkings comme de simples lieux de stockage de véhicules. Nous sommes plutôt dans une logique de « parkings silos », verticaux, regroupant des offres d'autopartage, de covoiturage, de vélos électriques en libre-service... Avec des services complémentaires, comme des crèches collectives, des conciergeries pour le dépôt et la réception de colis...
Comment inscrire ces services dans le développement urbain ?
Notre rôle d'aménageur du territoire est d'insuffler une dynamique. Mais en tant qu'établissement public, Epamarne n'a pas vocation à assurer la gestion commerciale de ces nouveaux services. Nous voulons donc mobiliser les acteurs privés. L'objectif final est qu'ils y trouvent un intérêt. Avec pour conséquence d'implanter de nouvelles entreprises et de créer des emplois. Nous réfléchissons à expérimenter ces plateformes avec la RATP et avec la division Gares & Connexions de la SNCF. La première serait située à la gare du RER A de Noisy-Champs. Dans quelque temps, elle devrait être raccordée au projet du Grand Paris. La deuxième prendrait place sur le RER E, sur la commune de Noisy-le-Grand.