À Brest, les spécialistes du Giec ont échangé du 18 au 22 juillet sur l'avancée des connaissances scientifiques sur le changement climatique. Dans le même temps, à Paris, le ministère de l'Écologie s'est évertué à adjoindre à l'événement une dimension politique. « Le changement climatique est en marche. Notre responsabilité est de nous y préparer », a lancé Nathalie Kosciusko-Morizet le 18 juillet, lors d'une table ronde sur les négociations internationales. Deux jours plus tard, elle esquissait un plan national d'adaptation pour la période 2011-2015. Il s'appuie sur deux scénarios. L'un, optimiste, mène à un réchauffement moyen sur la France de 2 à 2,5 °C à l'horizon 2100. L'autre, 3 à 3,5 °C. Ce plan liste une série d'actions pour anticiper les futures conditions climatiques. Pêle-mêle : favoriser des systèmes de climatisation « plus efficaces ou utilisant des sources d'énergies renouvelables ou de récupération », gérer l'émergence de pointes de consommation électrique, assurer une meilleure efficience de l'utilisation de l'eau... Au total, 230 mesures « pas toujours très abouties », reconnaît NKM, mais « plus on s'y prend tôt, moins c'est coûteux ». Aucune décision formellement contraignante. Le plan vise d'abord à intégrer aux politiques publiques la notion d'un inéluctable changement climatique. Son principal mérite : introduire un suivi des actions d'adaptation, piloté par la direction générale de l'énergie et du climat. Sur le modèle du Grenelle, un comité réunira chaque année des représentants de l'État, des entreprises, des ONG... Ensemble, ils passeront au crible les axes du plan et rendront public un rapport. Reste qu'à long terme, il faut surtout « limiter le changement climatique pour garder une capacité d'adaptation au-delà de 2050 », souligne Jean-Jouzel, vice-président du Giec. Et sur ce point, l'enjeu est international... et colossal. Prévue fin 2011, « la conférence de Durban se présente difficilement », note NKM. Il s'agit, notamment, de s'accorder sur « un système de mesure commun » des émissions de gaz à effet de serre, pointe Serge Lepeltier, ambassadeur en charge des négociations. Mais surtout d'éviter un vide juridique à l'issue de la première phase du protocole de Kyoto. Elle se termine dès la fin 2012.