Mis à part en 2009, grâce à une reprise de provisions, jamais Theolia n'avait gagné d'argent. Au premier semestre 2011, le développeur et exploitant de centrales éoliennes a généré un bénéfice opérationnel de 0,76 million d'euros. Le montant est encore symbolique et ne suffit pas, une fois les charges financières réglées, à dégager un bénéfice net (perte de 6,8 millions d'euros), mais il marque un vrai renouveau pour la société au bord de la faillite en 2009. « Lorsque je suis arrivé, Theolia était une constellation de sociétés, autonomes, résultat de la politique de croissance par acquisitions menée auparavant. L'une de mes premières priorités a été de créer un groupe avec une politique industrielle et financière commune », se souvient Fady Khallouf, directeur général de la société. Achats de matériel, ingénierie, gestion de trésorerie, financement... Tout a été remis à plat. « Nous avons amélioré la productivité dans chaque domaine », se félicite le dirigeant, qui rappelle que la marge opérationnelle de la société a gagné 5 points en un an.
S'il n'a pas l'intention de renoncer à cette politique de maîtrise des coûts, et après avoir cédé une partie de ses actifs pour se renflouer, Theolia peut aujourd'hui envisager le lancement de nouveaux projets. En solo tout d'abord, grâce à une trésorerie disponible de 50 millions d'euros. De nouveaux parcs éoliens devraient ainsi voir le jour en France, en Italie ou au Maroc. Au total, il pourrait ajouter 135 mégawatts (MW) de puissance supplémentaire aux 300 MW en fonctionnement fin juin. Il devrait ensuite aller encore plus loin, dans d'autres pays (Brésil...) avec l'appui de partenaires. La société a mis en place un véhicule d'investissement (Theolia utilities investment company) qui devrait être doté, à terme, de cent millions d'euros de fonds propres et d'une force de frappe d'au moins 300 millions d'euros une fois la dette ajoutée. Le producteur d'électricité suisse IWB a déjà prévu d'apporter 30 % des fonds propres du véhicule. D'autres partenaires devaient suivre. Theolia en détiendra 40 %. La société française vendra au fonds des projets en développement et y réinvestira le produit reçu.