Pourquoi avoir acquis Saunier & Associés ?
Le groupe possède une grande expérience d'ingénieriste dans le bâtiment, l'eau, l'énergie... Il va gagner encore en compétences dans les transports en commun, avec des projets de bus à haut niveau de service à Metz et de tramway à Lens. Techniquement, Saunier & Associés n'a rien à envier à ses concurrents. Nous travaillons, par exemple, sur une station d'épuration à énergie positive à Valenciennes. Ce qu'il faut changer, c'est l'état d'esprit. Amener une culture du résultat économique et de la responsabilisation.
À quoi ressemblera demain le groupe ?
À mon arrivée, il y a un mois, un plan de licenciement prévoyait 20 départs sur 235 postes. Je l'ai annulé. Aucun n'est désormais prévu. Je me suis fixé cent jours pour faire évoluer l'entreprise : trente pour observer, trente pour agir, trente pour évaluer les résultats. Il en restera dix pour prendre des décisions... quelles qu'elles soient. Saunier & Associés doit rester une ingénierie française au service des collectivités françaises. Il y a une demande croissante des élus pour les énergies renouvelables, notamment la géothermie et le chauffage urbain. Nous voulons décrocher des contrats cadres avec des acteurs comme CPCU à Paris. Mais aussi développer Saunier & Associés à l'international. Quatre projets sont à l'étude en Biélorussie et en Afrique dans les infrastructures et le bâtiment. J'ai aussi déposé la marque Geotherma Power pour le marché de la géothermie au Moyen-Orient et en Afrique. Elle vise à produire de l'électricité là où il n'y a pas de potentiel hydraulique. J'espère atteindre un chiffre d'affaires de 35 millions d'euros en 2015, contre 20 aujourd'hui.
Comment atteindre cette cible ?
La croissance externe est envisageable si un bureau d'études possède une expertise complémentaire dans le bâtiment ou l'énergie. Mais Saunier manquait surtout d'un management décisif. Je pars du principe qu'il vaut mieux prendre une décision approximative que de rester attentiste, quitte à corriger le tir en avançant. En interne, nous avons commencé à professionnaliser les pratiques. J'ai demandé aux cadres d'aller davantage sur le terrain. Il faudra être plus exigeant dans le choix et la négociation des contrats. Désormais, aucune proposition n'est faite aux élus sans passer par moi. Ce qui oblige à formaliser où se situe le projet, en quoi il consiste, combien il coûte et peut rapporter à l'entreprise.