En pleine tourmente financière, les acteurs de l'économie verte oscillent entre espoirs et incertitudes. À en croire les premières rencontres parlementaires sur la croissance verte, qui se sont déroulées le 16 novembre, les éco-activités ont une opportunité à saisir. « Le dérèglement des marchés est une crise du court-termisme », juge Nathalie Kosciusko-Morizet. Pour en sortir, « il n'y a pas d'alternative à la croissance verte ». L'argent reste néanmoins le nerf de la guerre (lire aussi page 8). « La compétitivité ne se fonde plus sur des subventions, mais sur des stratégies industrielles. Les caisses de l'État sont vides », alerte Thierry Lepercq, président de Solairedirect. « Nous sommes dans un cadre mondial avec une compétition impitoyable », abonde Bruno Durieux, président du comité des conseillers du commerce extérieur. Autre contrainte, le tissu des éco-activités est riche de PME, dont les capacités de financement sur fonds propres sont souvent insuffisantes. Ou qui ne profitent pas assez des dispositifs de soutien, comme le crédit impôt recherche. Les éco-activités devront donc miser sur leurs spécificités. En premier lieu, leur proximité avec les territoires et les collectivités locales. Solairedirect promeut « une énergie solaire municipale », comparable à l'eau et aux déchets dans les politiques publiques. Autre exemple face à la concurrence étrangère, « le recyclage de vieux papiers donne à l'industrie papetière le moyen de se réorganiser », se félicite Géraldine Poivert, directrice générale d'Ecofolio. Un début d'économie circulaire. « On parle peu de l'économie de fonctionnalité. Il y a vraiment des stratégies à développer sur la prolongation de la durée de vie des appareils électroniques », ajoute Bruno Genty, président de FNE. Côté finance, oubliez les dérogations et autres niches fiscales. « Il faut aller dans le sens de l'autofinancement des filières », enjoint François de Rugy, député de Loire-Atlantique. Du type tarifs de rachat payés in fine par le consommateur, ou écocontributions. « Finalement, la difficulté n'est pas d'avoir de nouvelles idées », résume Thierry Mueth, P-DG de Coruscant et président d'Enerplan. Mais de sortir des anciennes.