Total, CEA, Thyssenkrupp, Sofiproteol, IFPEN et sa filiale Axens : ce ne sont pas des fées, mais des géants qui se sont penchés sur le berceau du projet BioTfuel. Et l'objectif est à leur mesure : des unités de production de biodiesel et de biokérosène avalant un million de tonnes par an de ressources végétales lignocellulosiques. Annoncé en 2009, le projet va prendre de l'ampleur avec deux démonstrateurs. D'une capacité de 3 tonnes par heure, le premier porte sur la torréfaction de biomasse (débris forestiers, plantes entières, taillis, etc.). Sa construction débutera au second semestre 2012 chez Sofiproteol à Compiègne (60). L'autre, prévu pour 2013, sera développé à Dunkerque sur un site de Total. Il portera sur la gazéification de la biomasse et la transformation en biocarburants par le procédé Fisher-Tropsh. La particularité de cette étape est de laisser la porte ouverte à l'introduction de ressources fossiles (coke de pétrole, charbon), en quantité variable, afin de s'ajuster au prix du marché des carburants d'origine fossile. « Nous tiendrons compte des critères de durabilité, via des analyses de cycle de vie, dans notre décision d'industrialiser le procédé », souligne Jean-Christophe Viguié, à la tête de Bionext, société créée pour porter le projet. Les partenaires se donnent 7 ans - et 112,7 millions d'euros, dont 30 millions apportés par l'Ademe - pour parvenir au stade industriel, soit des unités capables de produire 200 000 tonnes par an de diesel et de kérosène.