Une nouvelle phase du développement durable débute, et les jeunes entreprises innovantes pourraient en profiter. À l'image de l'Île-de-France, qui devrait disposer début 2012 d'un incubateur pour les start-up des écotechnologies. Il sera porté par Paris Région Lab, une structure fondée « pour rendre la commande publique plus perméable aux innovations en les expérimentant in situ », a présenté le 30 novembre Sabine Romon, chef de projet Paris Région Lab. Elle participait à une soirée de l'association DDIDF sur le financement de nouveaux modes de production et de consommation. DDIDF est un réseau de « business angels du développement durable » : des particuliers - 49 membres, pour 25 il y a un an - qui investissent dans de jeunes pousses. « Le rôle des business angels va s'accroître avec la disparition des investisseurs traditionnels, notamment institutionnels », pronostique Éric Marty, directeur d'investissement du fonds Emertec énergie environnement. Les adhérents de DDIDF ont ainsi investi 1,75 million d'euros en 2011, contre 800 000 euros en 2010 et 480 000 en 2009. Pour le plus grand bonheur de Noveol (petit éolien), Muses (véhicule électrique urbain), Canibal (collecte ludique de déchets), Ship Waste Agency (suivi des déchets des navires), Okavango (efficacité énergétique dans l'industrie), ou encore Brocéliande technologies et Terra cités (écohabitat). « À travers ces temps de crise, les investissements seront rares et les PME continueront à porter la flamme du développement durable », estime Bettina Laville, fondatrice du Comité 21, pour qui les business angels comblent « un manque du Grand Emprunt national, qui peine à faire venir les petites entreprises ». L'envol des business angels s'inscrit dans deux tendances : l'essor des mouvements citoyens et la reterritorialisation de l'économie. « Il est moins important de garder son triple A que de soutenir l'économie locale », juge Robert Lion, conseiller régional d'Île-de-France. Reste que le budget de sa Région est d'abord destiné, pour moitié, aux transports et, pour un tiers, aux lycées. « L'action économique, en particulier la défense des PME, n'est pas toujours la priorité des élus », regrette-t-il. Heureusement, les business angels sont là.