Lors du salon Pollutec Horizons, les cleantechs - notamment dans l'énergie - sont apparus comme un secteur à part entière. Au point d'attirer les prétendants à l'Élysée. « La transition énergétique supposera de nouvelles politiques », a lancé François Hollande le 29 novembre, en ouverture de l'événement LeCleantech, qui visait à rapprocher les jeunes entreprises des grands groupes (voir EMC n° 117). Dans le cadre du fonds stratégique d'investissement (FSI), le candidat socialiste a proposé la création d'un fonds consacré à l'innovation dans l'énergie et l'environnement. Mais le chemin sera semé d'embûches. Avec son modèle énergétique centralisé, « la France a fait un choix politique, et non économique et industriel », a fustigé Corinne Lepage, présidente du parti Cap 21, dénonçant un modèle qui « empêche le développement de l'économie verte ». Des propos nuancés par Claude Trink, ingénieur des mines au ministère de l'Économie (et co-auteur du rapport Charpin-Trink sur le photovoltaïque) : « La France a copié les modèles anglosaxon avec une pseudo-concurrence et allemand avec des tarifs de rachat. Cela a créé une confusion sur les responsabilités de chaque acteur. » Pour développer les énergies renouvelables, il prône d'autres outils que les appels d'offres et tarifs d'achats. Mieux vaut privilégier des instruments classiques de développement industriel pour amener les technologies depuis les laboratoires jusqu'aux usines, comme dans toute filière. À l'écouter, « il ne manque que la volonté des acteurs économiques et politiques ». Rendez-vous en 2012.