Montagne administrative ou congestion passagère ? Le dispositif des certificats d'économie d'énergie (CEE) connaît une laborieuse montée en puissance. « C'est un monstre à gérer », a dénoncé Éric Parayre, directeur de Pétrovex Auchan, lors d'une table ronde BIP-Enerpresse, le 6 décembre. Les CEE sont victimes de leur succès. D'autant plus que les obligés ont vu le dispositif étendu au début de l'année à la fourniture de carburants. La première période (mi-2006 à mi-2009) a été suivie d'une phase transitoire, sans obligations, avant que la deuxième étape ne débute en janvier dernier. Un intervalle de dix-huit mois durant lesquels les obligés ont déjà engendré 110 TWh d'économies d'énergie, sur 345 TWh à atteindre d'ici à la fin 2013. Des dossiers qui n'ont toujours pas été résorbés par l'administration. Sous l'égide de la direction générale de l'Énergie et du Climat (DGEC), un pôle national a été créé pour piloter le dispositif (lire EMC n° 111). Il monte tout juste en régime. « Je disposais d'une demi-douzaine de personnes. Aujourd'hui, ils sont douze. Début 2012, quinze », chiffre Pascal Dupuis, chef du service Climat et Efficacité énergétique à la DGEC, qui prévoit un retour à la normal en mars prochain. En attendant, les procédures paraissent interminables aux obligés : « Six mois pour préparer un plan d'action, puis six mois pour le faire valider et, éventuellement, six mois pour le diffuser », regrette Christian Decominck, directeur mission CEE chez Total. À ce jour, 20 plans d'action ont été validés. Il en reste 34, « dont 12 viennent d'arriver », précise Pascal Dupuis. Une situation d'autant plus complexe qu'il n'est pas toujours évident, pour les obligés, de prouver leur rôle moteur. Ni que leur intervention a été antérieure aux travaux d'économie d'énergie. Néanmoins, si les critères techniques « créent des lourdeurs », reconnaît Frédéric Utzmann, président de la société de service Certinergy, « ils permettent la montée en compétences des filières, notamment du bâtiment, et fournissent des référentiels techniques ». L'occasion pour la France de se doter, malgré tout, d'une vraie bible de la maîtrise de l'énergie.