Areva n'est pas seulement frappée par les conséquences économiques de la catastrophe de Fukushima pour la filière nucléaire. Fragilisée par une situation financière extrêmement précaire, l'entreprise va revoir ses engagements dans les énergies renouvelables. Le groupe n'a pas l'intention d'en sortir. « Nous ne souhaitons pas, comme certains le pensent, opposer nucléaire et énergies renouvelables », a lancé Luc Oursel, le président du directoire d'Areva, lors de la présentation du plan d'action stratégique 2016 du groupe. En revanche, un aménagement du portefeuille d'activités dans ce domaine est envisageable. « Concernant la biomasse, qui est un secteur très concurrentiel, la question peut se poser de son maintien à terme dans le groupe », a-t-il reconnu. Selon lui, les technologies du groupe dans la biomasse ne lui permettent pas de détenir des positions de référence susceptibles de générer suffisamment de résultats. Areva indique pourtant disposer de cent installations à travers le monde, avec notamment une position de premier plan au Brésil dans la bagasse. Sa capacité de production s'élève à 3 GW. En sortant de cette activité, Areva souhaiterait concentrer ses efforts et ses moyens - aujourd'hui limités - sur l'éolien offshore et le solaire thermique à concentration. « Nous souhaitons être une référence dans le domaine offshore en Allemagne, en France et en Grande-Bretagne », a expliqué Luc Oursel. Le président du directoire mise sur la turbine de 5 GW mise au point par le groupe, engin le plus puissant actuellement sur le marché, pour remporter une partie des appels d'offres lancés dans ces différents pays. Le groupe s'est, par exemple, allié à GDF Suez et à Vinci pour concourir en France. Dans le solaire à concentration, les ambitions trouvent surtout leurs origines en Asie, aux États-Unis et en Afrique, là où le climat est le plus propice à ce type de technologie. Au total, sur les 7,7 milliards d'euros qu'Areva compte investir sur la période 2012-2016, 300 millions iront aux énergies renouvelables. Le groupe espère ainsi dégager 750 millions d'euros de chiffre d'affaires annuel en 2012-2013 contre 150 millions en 2010, et atteindre plus de 1,25 milliard sur la période 2015-2016. Des chiffres qui crédibiliseraient les positions d'Areva dans ce domaine.